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Marcel Pagnol
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Marcel Pagnol

Marcel Pagnol est un écrivain, dramaturge, cinéaste et académicien français, né le 28 février 1895 à Aubagne et mort le 18 avril 1974 à Paris.

Biographie

«Je suis né dans la ville d'Aubagne, sous le Garlaban couronné de chèvres, au temps des derniers chevriers » (Incipit de la Gloire de mon père).

Marcel Paul Pagnol voit le jour le 28 février 1895 à Aubagne (Provence), au moment même où, à quelques kilomètres de là, Auguste et Louis Lumière tournent l'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat, qui sera la première projection publique du cinématographe. Fils de Joseph Pagnol, instituteur laïque, utopiste et républicain, et de Pauline Henriette (dite Augustine) Lansot, couturière, il est l'aîné de trois autres enfants: Paul, né en 1898, Germaine, née en 1902 et René, né en 1909. Un frère aîné, Maurice, né en avril 1894, et décédé en août de l'année suivante, ne sera jamais mentionné dans l'histoire familiale (voir famille Pagnol).


Une école précoce et… buissonnière

En 1897, le jeune ménage s'établit dans le logement de fonction de l'école du faubourg de Saint-Loup, « un gros village dans la banlieue de Marseille ». Marcel, qui assiste aux cours de son père depuis le premier rang de la classe où sa mère le laissait lorsqu'elle allait au marché, savait déjà lire, écrire et compter avant l'âge de quatre ans. Puis, à la rentrée 1900, Joseph étant nommé « instituteur titulaire à l'école du Chemin des Chartreux, la plus grande école communale de Marseille », la famille emménage au 54 avenue des Chartreux. C'est là qu'à l'âge de six ans, Marcel entre à l'école primaire. En 1902, les Pagnol migrent rue du Jardin des Plantes, puis rue Terrusse, dans ce « grand rez-de-chaussée, que complétait un sous-sol, éclairé d'un jardin » où Marcel passera une grande partie de son enfance.

À partir de 1904, soucieux de la santé fragile d'Augustine, Joseph décide de louer pour les grandes vacances une « villa dans la colline, juste au bord d'un désert de garrigue qui va d'Aubagne jusqu'à Aix ». Cette Bastide Neuve à la sortie du village de La Treille, aujourd'hui quartier de Marseille, et ces collines constitueront ce paradis de l'enfance heureuse où se déroulent les plus beaux épisodes de ses fameux Souvenirs d'enfance.

Reçu second à l'examen des bourses, il entre au lycée Thiers en 1905 où il poursuit de brillantes études, malgré une vie de demi-pensionnaire mouvementée, épopée savoureuse dont il nous régalera dans les deux derniers tomes de ses Souvenirs (Le temps des secrets, Le temps des amours). C'est là qu'il commence à écrire des poèmes qui paraîtront à partir de 1910 dans la revue Massilia. Il a pour condisciple Albert Cohen avec lequel il se lie d'amitié.

Il n'a que 15 ans lorsqu’il perd sa mère, avec laquelle il entretenait une relation fusionnelle et quasi-œdipienne. Un coup de froid ayant aggravé sa fragilité pulmonaire, Augustine meurt « des suites d'une congestion » le 16 juin 1910, à l'âge de 36 ans. Elle sera inhumée à Saint Pierre, puis à La Treille. Joseph s'installe alors avec ses enfants au quatrième étage du 17 cours Lieutaud à Marseille. Il se remarie en 1912 avec Madeleine Julien, qui n’a que huit ans de plus que Marcel et que ce dernier acceptera très mal, au point de se brouiller avec son père.

En 1913, à 18 ans, il obtient son baccalauréat de philosophie avec mention assez bien et commence ses études de lettres à l'université d'Aix-en-Provence. Le 10 février 1914, il fonde, avec quelques copains de khâgne, la revue littéraire Fortunio (qui deviendra ensuite Les Cahiers du Sud), dans laquelle il publie quelques poèmes et son premier roman, Le Mariage de Peluque. Puis, la première guerre mondiale éclatant, il est mobilisé au 163e régiment d'infanterie de Nice en même temps que son ami David Magnan (dit Lili des Bellons, qui mourra au combat sur le front rémois en 1917), puis réformé en janvier 1915 pour faiblesse de constitution.

Le 2 mars 1916, il épouse Simone Collin. En novembre de la même année, il obtient sa licence ès lettres et littératures vivantes (Anglais). Nommé répétiteur d'anglais, il enseignera successivement aux collèges de Digne, Tarascon, Pamiers sur Ariège et Aix-en-Provence, avant d'être promu professeur adjoint d'anglais au lycée Saint-Charles à Marseille de 1920 à 1922. Durant cette dernière année, il écrit deux drames en vers : Catulle puis, en collaboration avec Arno Charles Brun, Ulysse chez les Phéaciens.


Paris: un professeur au théâtre

Nommé professeur adjoint au lycée Condorcet de Paris, il y enseignera l'anglais jusqu'en 1927, où il décide de « prendre congé de l'Éducation nationale pour cause de littérature ». Dès son arrivée dans la capitale en 1922, Pagnol eut la chance d'y retrouver Paul Nivoix, ancien directeur de l’hebdomadaire marseillais Spectator devenu rédacteur à Comœdia, « seul quotidien français des Lettres et des Arts ». Grâce à son amitié, Pagnol pénètre le milieu des jeunes écrivains et du théâtre moderne, « commence à douter de l'intérêt de ses tragédies grecques et romaines », se risque à signer en 1924, sous le pseudonyme de Castro, un vaudeville composé avec Nivoix : à son grand étonnement, Tonton (ou Joseph veut rester pur), remporte un petit succès au théâtre des Variétés, ce qui encouragea les deux novices à persister et écrire leur première pièce de théâtre, Les Marchands de gloire. Représentée en 1925 au théâtre de la Madeleine, cette brillante satire du patriotisme sera boudée du public, de même que sa deuxième pièce, Jazz, donnée en 1926 au théâtre des Arts. Mais Topaze, satire de l'arrivisme jouée au théâtre des Variétés en 1928 connaîtra un franc succès.

Exilé à Paris, la nostalgie l'incite à écrire une pièce marseillaise, mais son entourage l’en dissuade aussitôt. Mais en 1926, ayant vu jouer à Bruxelles Le Mariage de Mademoiselle Beulemans, il comprend « qu’une œuvre locale, mais profondément sincère et authentique peut parfois prendre place dans le patrimoine littéraire d’un pays et plaire dans le monde entier ». Et c'est ainsi que le 9 mars 1929, Marius, pièce en quatre actes et six tableaux, ouvre au théâtre de Paris avec Raimu dans le rôle de César. C'est le triomphe universel pour les deux provençaux exilés qui, tout en s'apportant mutuellement la gloire et la célébrité, se lieront à vie d'une amitié aussi orageuse que sincère.

Séparé de Simone Collin depuis 1926, il rencontre la jeune danseuse anglaise Kitty Murphy. De leur union naîtra Jacques Pagnol en 1930, qui deviendra son assistant après la guerre, puis caméraman pour France 3 Marseille.


Un cinéma qui parle... avé l'assent

C'est également l'année où eut lieu le second déclic de sa carrière: ayant assisté à Londres à la projection d'un des premiers films parlants Broadway Melodies, Pagnol en est si bouleversé qu'il décide de se consacrer au cinéma parlant, arrivé en France en 1928.

Il contacte aussitôt les studios Paramount Pictures pour faire adapter sa pièce. Les producteurs décident d'en confier la réalisation au metteur en scène américain confirmé Alexander Korda. Sorti le 10 octobre 1931 , Marius sera un des premiers films à succès du cinéma parlant français. Pressé par le public d'en écrire la suite, Fanny, pièce en trois actes et quatre tableaux, ouvre en décembre 1931 au théâtre de Paris. C'est le deuxième volet de ce qui deviendra la fameuse trilogie marseillaise, dont l'action se passe dans l'ambiance légendaire du Bar de la Marine, sur le vieux port de Marseille. L'adaptation cinématographique, réalisée par Marc Allégret, sortira le 2 novembre 1932.

Le 28 juillet 1932, son frère Paul, « le dernier chevrier du Garlaban » qu'il allait souvent visiter dans les collines de leur enfance, décède à l'âge de 34 ans. Souffrant du « haut mal » (grand mal épileptique), il s'éteint à l’hôpital de Courtrai (Belgique) après une opération de la dernière chance effectuée par le pr. Lowers. Il est inhumé dans le caveau de la famille Pagnol du petit cimetière de La Treille.

La même année, Marcel Pagnol fonde à Marseille sa propre société de production et ses studios de cinéma. C'est sur ce domaine de 24 hectares de garrigues, sorte de Hollywood provençal, qu'il tournera désormais lui-même ses films. Son premier film en tant que réalisateur sera Jofroi (1933), suivi d'Angèle en 1934, Merlusse et Cigalon en 1935, César en 1936, Regain en 1937, La Femme du boulanger en 1938 etc.. Il fait jouer les plus grands acteurs français de l'époque Louis Jouvet, Raimu, Pierre Fresnay, Fernandel, amis avec lesquels il joue à la pétanque entre deux scènes.

Les choses allèrent plus loin avec Orane Demazis, qui jouait tous les soirs le rôle de Fanny dans Marius et Fanny, car elle lui donne un fils en 1933, Jean-Pierre Pagnol. Puis, en 1935, Yvonne Pouperon, sa nouvelle collaboratrice des bureaux de la rue Fortuny à Paris, mettra au monde une fille, Francine Pagnol. C'est l'année où il fonde la revue Les cahiers du film, avant de diriger sa propre maison d'édition en 1937.

En 1941, pour réaliser son « ambition de construire, sous le ciel de Provence, la Cité du Cinéma », il fait, sans l'avoir vu, l'acquisition du Château de la Buzine avec quelques hectares de prairies au bord du canal. C'est en visitant son domaine huit jours plus tard, qu'il reconnaît « l'affreux château, celui de la peur de ma mère » (Le Château de ma mère). Mais la Seconde Guerre mondiale fait rage; Pagnol doit interrompre ses tournages et vendre ses studios à la Gaumont, tout en restant directeur de production. Ceci lui permettra de se dérober aux pressions d'Alfred Greven, président de la Continentale (société de production française à capitaux allemands), qui veut lui faire réaliser du cinéma de propagande nazie.

Le divorce d'avec Simone Collin à peine prononcé, Marcel se met en ménage avec l'actrice Josette Day, rencontrée en janvier 1939. Leur liaison ne durera que le temps de leur refuge en zone libre, jusqu'à la fin de la guerre. Il acquiert en 1942 le domaine de l'Etoile à La Gaude, où il réemploie le personnel de ses studios comme ouvriers horticoles pour la culture d'œillets afin de leur éviter le Service du Travail Obligatoire en Allemagne. Cette reconversion spectaculaire inspira à Raimu la tirade suivante : « Si Marcel devient fleuriste, alors moi, je n'ai plus qu'à aller vendre des rascasses ! »


De la Comédie à l'Académie

En 1944, Pagnol est élu président de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques, ainsi que de la commission d'épuration, où siégeaient une soixantaine d'intellectuels comme Louis Aragon, Paul Eluard, François Mauriac, Georges Duhamel, Paul Valéry, Albert Camus, Pierre Seghers, Jean Paul Sartre...

En 1945, il épouse l'actrice Jacqueline Bouvier, rencontrée en août 1938, qui sera jusqu'à sa mort son « brin de poésie et de tendresse ». Elle tournera dans cinq de ses films et lui donnera deux enfants, Frédéric en 1946 et Estelle en 1949.

Le 4 avril 1946, à l'age de 51 ans, Marcel Pagnol est élu à l'Académie française où il occupe le fauteuil 25, celui, entre autres, de Prosper Mérimée.

En 1951, fortuné et harassé par le fisc, il s'installe à Monte-Carlo dans une somptueuse villa du XIXe siècle en bord de mer, La Lestra, auprès de son admirateur et ami le prince Rainier III de Monaco. À la mort d'Estelle, âgée de deux ans, il fuira l'endroit en 1954 pour revenir à Paris dans un hôtel particulier au square de l’Avenue du Bois, sur l'avenue Foch, se rapprochant de ses bureaux de la rue Fortuny.

En 1955, à 60 ans, Marcel Pagnol préside le 8éme Festival du Film de Cannes. Il fait également jouer au festival d’Angers sa traduction d’Hamlet de William Shakespeare (avec Jacqueline Pagnol et Serge Reggiani). Puis, le 6 octobre, il fait donner au Théâtre de Paris sa tragédie en cinq actes Judas. L'éclairage nouveau, voire d'avant-garde, du personnage, tant il se rapproche de l'Évangile de Judas, est mal perçu par l'ensemble des confessions. L'accueil tout aussi froid réservé à Fabien, comédie en quatre actes qui sortira quelques mois plus tard, inciteront Pagnol à mettre un terme à son activité d’auteur dramatique, comme il l’avait déjà fait pour sa carrière de cinéaste.


Naissance du romancier

Mais une fois de plus, le meilleur est devant lui. Un romancier de grande envergure s'annonce, pour transporter ses nouveaux lecteurs au pays magique de l’enfance. À partir de 1957, il commence la rédaction romancée de ses Souvenirs d'enfance avec La Gloire de mon père, qui connaîtra un immense succès, dû entre autres à la façon dont Pagnol décrit les personnes qui lui sont chères dans le petit monde provençal qui l'entoure, et à la vivacité de ses souvenirs, embellis par le temps et l'imagination. La suite en sera donnée la même année dans Le Château de ma mère, puis dans Le Temps des secrets en 1960 et Le Temps des amours qui, inachevé, ne sera publié qu'après sa mort, en 1977. Il publie ensuite l’Eau des collines, roman en deux tomes intitulés Jean de Florette et Manon des Sources en 1962.

Mais déjà, une nouvelle activité accapare toute son énergie: la recherche historique. Dans les années 60, Marcel, depuis toujours passionné d'histoire, se plonge dans l'énigme de L'homme au masque de fer, persuadé que cette œuvre le fera passer à la postérité. Remarquable essai qui révèle la rigueur d'un véritable historien, Le Masque de fer édité en 1964, puis remanié en 1973 sous le titre Le Secret du Masque de fer, reste pourtant méconnu du public, éclipsé par tant d'autres chef-d’œuvres.

Pagnol a dit : « Si j'avais été peintre, je n'aurais fait que des portraits. ». Peintre de la nature humaine, précurseur du portrait psychologique et de la valorisation de la culture régionale et provençale, il a légué à la postérité des portraits merveilleusement vivants des personnages de son enfance. Auteur comblé, il reçut tous les honneurs de son vivant : le succès, l’argent, la gloire, la reconnaissance des siens, et l’élection à l’académie française.

Marcel Pagnol décède le 18 avril 1974, à l'âge de 79 ans, au square de l'Avenue du Bois à Paris. Son corps repose au cimetière de La Treille, dans les collines provençales de son enfance, auprès de sa mère et de sa dernière fille, Estelle, non loin du caveau de la Famille Pagnol où reposent son père et sa seconde femme, ses frères et sœur et leur famille. (sépultures de la famille Pagnol à la Treille)

Sa tombe porte l’inscription : « Marcel Pagnol 1895-1974 et les siens », suivi d'une épitaphe latine, citation de Virgile : « Fontes, amicos, uxorem dilexit » ( Il a aimé les sources, ses amis, sa femme).


Chronologie

1889 Nomination de son père, Joseph Pagnol, au poste d'instituteur public à Aubagne
1893 Joseph Pagnol épouse Pauline Henriette (dite Augustine) Lansot, le 28 décembre
1894 Naissance de Maurice Pagnol en avril
1895 Naissance de Marcel Pagnol le 28 février, au numéro 16 du cours Barthélemy à Aubagne. Décès de son frère aîné, Maurice Pagnol, en août
1897 Installation de la famille Pagnol à Saint-Loup (Marseille)
1898 Naissance de son frère, Paul Pagnol (le Petit Paul)
1900 Déménagement à Marseille où Joseph Pagnol est nommé à l'école des Chartreux
1902 Naissance de sa sœur, Germaine Pagnol
1904 Premières vacances à la Bastide Neuve
1905 Elève au Lycée Thiers à Marseille
1909 Naissance de son frère cadet, René Pagnol
1910 Mort de sa mère, Augustine Pagnol. Premiers poèmes dans la revue Massilia
1913 Marcel obtient le Baccalauréat de Philosophie avec mention Assez bien
1914 Fonde la revue littéraire Fortunio. Mobilisé à Nice, puis réformé pour faiblesse de constitution
1915 Répétiteur au collège de Digne, puis de Tarascon
1916 Mariage le 2 mars avec Simone Collin. Obtient la licence de Langues et Littérature Vivantes
1917 Répétiteur d'anglais au collège de Pamiers sur Ariège, puis au lycée Mignet d'Aix en Provence. Décès de « Lili des Bellons ».
1920 Professeur-adjoint au lycée Saint-Charles à Marseille. Catulle, drame en vers
1922 Professeur-adjoint d'anglais au lycée Condorcet à Paris
1923 Rencontre d'Orane Demazis à Paris, pour qui il créera ensuite le rôle de Fanny
1926 Séparation d'avec Simone (le divorce ne sera prononcé qu'en 1941)
1930 Rencontre de Kitty Murphy, jeune danseuse anglaise, à Paris
1930 Naissance de Jacques Pagnol, qui fut son assistant après la guerre, puis cameraman pour France 3 Marseille
1932 Décès de son fère, Paul Pagnol, à l’hôpital de Courtrai (Belgique) le 28 Juillet
1933 Orane Demazis lui donne un fils, Jean-Pierre Pagnol
1935 Rencontre d'Yvonne Pouperon, sa collaboratrice dans les bureaux de la rue Fortuny
1936 Yvonne Pouperon donne naissance à Francine Pagnol
1938 Rencontre de Jacqueline Bouvier en août, qui n'entrera dans sa vie qu'en 1944.
1939 Rencontre en janvier de Josette Day. Leur liaison dure le temps de leur refuge en zone libre, à Marseille, puis à la Gaude
1941 Le divorce d'avec Simone Colin est prononcé. Acquisition du Château de la Buzine
1944 Retiré dans la Sarthe avec Jacqueline Bouvier en attendant le débarquement allié
1945 Mariage avec Jacqueline Bouvier
1946 Naissance de leur fils, Frédéric. Le 27 mars, Marcel Pagnol est reçu au fauteuil 25 de l'Académie française
1951 Naissance de leur fille, Estelle. Le 15 novembre, mort de son père, Joseph Pagnol
1954 Mort de leur fille, Estelle, des suites d'une crise d'acétonémie
1974 Mort de Marcel Pagnol à Paris le 18 avril

Œuvres


Romans, nouvelles et essais

1921 La Petite Fille aux yeux sombres, roman
1921 Pirouettes, (premier titre Le Mariage de Peluque), roman
1922 L'Infâme Truc, nouvelle
1957 La Gloire de mon père (Souvenirs d'enfance I), roman autobiographique
1957 Le Château de ma mère (Souvenirs d'enfance II), roman autobiographique
1959 Le Temps des secrets (Souvenirs d'enfance III), roman
1962 L'Eau des collines roman en deux parties : Jean de Florette, Manon des sources
1964 Le masque de fer (remanié sous le titre Le Secret du Masque de fer en 1973), essai historique
1968 Les Sermons de Marcel Pagnol, recueil (rassemblés par le R.P Norbert Calmels)
1977 Le Temps des Amours (Souvenirs d'enfance IV), roman autobiographique
1984 L'Infâme Truc et autres nouvelles, recueil d’œuvres posthumes
1984 Secrets de Dieu, nouvelle éditée en recueil d’œuvres posthumes

Théâtre

1922 Catulle, drame en vers
1922 Ulysse chez les Phéaciens (en collaboration avec Arno Charles Brun), tragédie en vers
1924 Tonton ou Joseph veut rester pur (en collaboration avec Paul Nivoix), vaudeville sous le pseudonyme de Castro.
1925 Les Marchands de gloire (en collaboration avec Paul Nivoix), comédie satirique en cinq actes
1926 Un direct au cœur (en collaboration avec Paul Nivoix), comédie
1926 Jazz (premier titre Phaéton), comédie satirique en quatre actes
1926 Topaze, comédie satirique en quatre actes
1926 Marius, comédie en trois actes et six tableaux
1931 Fanny, comédie en trois actes et quatre tableaux
1946 César, comédie en trois actes adaptée du film
1955 Judas, tragédie en cinq actes
1956 Fabien, comédie en quatre actes
1985 La Femme du boulanger, comédie en quatre actes adaptée du film

Cinéma

Filmographie

Marcel Pagnol est le metteur en scène des films suivants :

1933 : Jofroi, d'après la nouvelle de Jean Giono Jofroi de la Maussan, extraite du recueil Solitude de la pitié (1932)
1933 : Le Gendre de monsieur Poirier, d’après la pièce d'Emile Augier;
1934 : Angèle, d'après le roman de Jean Giono Un de Baumugnes (1929)
1934 : L’Article 330, d’après la pièce de Georges Courteline;
1935 : Merlusse
1935 : Cigalon
1936 : Topaze
1936 : César
1937 : Regain, d'après le roman de Jean Giono (1930)
1938 : Le Schpountz
1938 : La Femme du boulanger, d'après le roman de Jean Giono Jean le Bleu (1932)
1940 : La Fille du puisatier
1941 : La Prière aux étoiles, inachevé
1945 : Naïs
1948 : La Belle Meunière, réalisé en couleurs
1950 : Topaze avec Fernandel
1952 : Manon des sources et Ugolin
1954 : Les Lettres de mon moulin, d’après Alphonse Daudet
1967 : Le Curé de Cucugnan (téléfilm), d’après Alphonse Daudet
Marcel Pagnol est l'auteur des scénarios et dialogues des films suivants:

1932 : Direct au cœur de Roger Lion et Arnaudy, d’après la pièce de Marcel Pagnol et Paul Nivoix
1933 : L’Agonie des aigles de Roger Richebé, d’après la pièce d'Emile Augier
1934 : Tartarin de Tarascon de Raymond Bernard, d’après Alphonse Daudet
1939 : Monsieur Brotonneau de Alexandre Esway, d’après de Flers et Caillavet
1950 : Le Rosier de Madame Husson de Jean Boyer, d’après Guy de Maupassant
1953 : Carnaval de Henri Verneuil, d’après Emile Mazaud
1962 : La Dame aux camélias (téléfilm), d’après Alexandre Dumas fils

Adaptations d'œuvres de Pagnol et remakes

1931 : adaptations traduites de Marius : Zum goldenen Anker en allemand, Längtan till havet en suédois
1934 : remake allemand de Fanny : Der schwarze Wahlfisch de Fritz Wendhausen
1938 : Port of Seven Seas, remake américain de James Whale : scénario couvrant l'ensemble de la trilogie
1942 : 海猫の港 Umineko no minato ("Le port aux mouettes"), de Yasuki Chiba (93 minutes, 35mm, N & B). Remake japonais de Marius. Sur le port de Karatsu en 1897, alors que le Japon commence à développer son empire d'outremer, une famille tient le bar "La taverne de l’ancre". Le fils a une chance unique de s’embarquer, contre l’avis de son père, d'où le dilemme entre les intérêts de l’empire et la famille.
1949 : 春の戯れ Haru no tawamure ("Flirt de printemps"), de Kajiro Yamamoto (109mn, Noir & Blanc), avec Hideko Takamine (Fanny) et Junkichi Uno (Marius). Après 風の子 Kaze no ko ("l’enfant du vent"), c'est le second film de ce réalisateur sur le thème de l’appel de la mer opposé à celui de l’amour.
1954 : ouverture à Broadway de la comédie musicale Fanny, adaptant l'ensemble de la trilogie
1961 : Fanny, adaptation cinématographique, d'après la comédie musicale mais sans numéros musical, par Joshua Logan, avec Leslie Caron et Maurice Chevalier
1967: 愛の賛歌 Ai no sanka ("Hymne à l’amour"), de Yoji Yamada (94mn). Ce troisième remake japonais, couvrant le scénario des films "Marius" et "Fanny", transpose le drame dans une petite île de la Mer intérieure de Seto où les amoureux sont séparés par l'immigration vers le Brésil
vers 1970 : Version discographique de la bande sonore de la trilogie, avec des commentaires de Marcel Pagnol
2000 : nouvelle version de la trilogie, remake français réalisé par Nicolas Ribowski pour la télévision : Marius, Fanny et César
sortie prévue en septembre 2007 : Opéra inspiré de "Marius" et "Fanny", sur une Musique de Vladimir Cosma et dans une mise en scène de Jean-Louis Grinda, avec Roberto Alagna dans le rôle de Marius. Spectacle musical commandé par l’Opéra de Marseille (avec l'accord de Mme Jacqueline Pagnol)
1986 : Jean de Florette de Claude Berri
1986 : Manon des sources de Claude Berri
1990 : La Gloire de mon père d'Yves Robert
1990 : Le Château de ma mère d'Yves Robert
2006 : Le Temps des secrets Téléfilm de Thierry Chabert
2006 : Le Temps des amours Téléfilm de Thierry Chabert

Citations célèbres


De la morale et des hommes

L'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois. (Marius)
C’est très joli d’être innocent, mais il ne faut pas en abuser. (Regain)
Quand on doit diriger des enfants ou des hommes, il faut de temps en temps commettre une belle injustice, bien nette, bien criante : c'est ça qui leur en impose le plus ! (Topaze)
Comme on est faible quand on est dans son tort! (Le Château de ma mère).
Si on ne peut plus tricher entre amis, ce n’est plus la peine de jouer aux cartes. (Marius)




La parole

Les mots qui ont un son noble contiennent toujours de belles images. (La gloire de mon père)
Les bavards sont ceux qui vous parlent des autres. Les raseurs sont ceux qui vous parlent d'eux-mêmes. Ceux qui vous parlent de vous sont de brillants causeurs.
L'important ce n'est pas ce que l'on dit mais ce que les gens retiennent.

La vie et la mort

Telle est la vie des hommes, quelques joies très vite effacées par d'inoubliables chagrins… Il n'est pas nécessaire de le dire aux enfants… (Le château de ma mère).
De mourir, ça ne me fait rien. Mais ça me fait de la peine de quitter la vie. (César)
La vie, c'est comme un autobus, quand tu te retournes, tu t'aperçois qu'il y en a déjà beaucoup qui sont descendus.
La mort, c'est tellement obligatoire que c'est presque une formalité. (César)
[Panisse:] Qu’est-ce qu’ils ont à pleurer autour de mon lit... C’est déjà bien assez triste de mourir... S’il faut encore voir pleurer les autres ! (César)
On devient vieux quand les jeunes nous abandonnent. (Le Schpountz)
Le chagrin, c’est comme le ver solitaire : le tout, c’est de le faire sortir. (Fanny)
La première qualité d’un héros, c’est d’être mort et enterré. (Les Marchands de Gloire)
[Ugolin:] C’est pas moi qui pleure! C’est mes yeux. (Manon des sources)
Quand on apporte une mauvaise nouvelle, personne ne pense à vous offrir à boire. (César)
Si vous voulez aller sur la mer, sans aucun risque de chavirer, alors, n'achetez pas un bateau : achetez une île. (Fanny)

Amour et sexualité

L'amour, ce n'est pas une passion, c'est une maladie. (Jazz).
Pour le bouc, ce qu'il y a de plus beau, c'est la chèvre.
Quand on aime quelqu'un, c'est effrayant comme on pense peu aux autres... (Marius)
Celui qui est capable de ressentir la passion, c'est qu'il peut l'inspirer. (Jazz).
On ne meurt pas d’amour. Quelquefois, on meurt de l’amour de l’autre, quand il achète un revolver - mais quand on ne voit pas les gens, on les oublie.
Quand le rideau se lève, la question est : baiseront-ils ? S’ils baisent, c’est une comédie ; s’ils ne baisent pas, c’est un drame.
Le mâle repoussé traite généralement de « salope » la femme qui, précisément, refuse de l’être. (Manon des sources, le Procès).
Tout le monde sait bien que c'est dans la marine qu'il y a le plus de cocus. (Marius)

Des femmes

La plupart des femmes qu’on n’a pas eues, c’est qu’on ne les a pas demandées (Jazz).
On ne réalise vraiment qu’une femme contient de la dynamite que le jour où on la laisse tomber.
Qu’est-ce que je vais penser des autres femmes, maintenant que je sais que ma mère peut mentir !? (César)
[en parlant des starlettes du Festival de Cannes 1955] Elles sont merveilleuses. N’avez-vous pas remarqué? Quand elles s’assoient sur le sable, elles dessinent des cœurs avec leurs petites fesses. Quelle prouesse !

De la colère

César (dans sa fameuse tirade): Et vous dites que je suis coléreux! (César)
[Lettre à Fernandel]: Mon cher Fernand, hier dans un accès de colère je t’ai traité de pitre et de grimacier ! Mais tu sais que quelques fois dans l’agacement, on dit des choses irréfléchies !... Alors aujourd’hui que le calme est revenu et que j’ai pu réfléchir... je te confirme que tu n’es qu’un pitre et un grimacier !
[Lettre à Raimu]: Mon cher Jules, il faut que tu sois bougrement fâché avec moi pour ne pas répondre à une lettre injurieuse qui n’avait d’autre but que de commencer une dispute. Si tu ne veux plus te disputer avec moi, c’est que tu ne m’aimes plus. Ou alors tu es devenu patient et résigné comme un vrai sociétaire de notre Théâtre National.
Tu n'es pas bon à rien, tu es mauvais à tout. (Le Schpountz)
A-t-on besoin de naviguer pour vivre ? Mossieur Panisse navigue ? Non pas si bête lui, il fait des voiles pour que le vent emporte les enfants des autres ! (Fanny)

L'argent

L’ambition, c’est la richesse des pauvres. (Topaze)
Tu as vu des femmes qui aiment les pauvres ? (Topaze)
[Argent/sexualité] Mon pauvre Panisse, les chemises de nuit n’ont pas de poches. (Fanny)
Les deux mille francs, il les vaut. Les appointements de deux députés! pour deux députés, c’est déjà trop. Mais pour un homme utile, c’est tout juste assez. (Les Marchands de gloire)
Tu sais combien il faut vendre de morue sèche pour faire un million de francs? (Le Schpountz)

Famille et tolérance

Qu’il grandisse ! Il aura des frères et des sœurs. Quand nous aurons fini de faire les nôtres, celui-là on ne saura même plus lequel c’est! (Angèle).
César: Vouât, les chiens aussi donnent la vie. Le Père, Marius, C’est celui qui aime. (Fanny)
Dans chaque famille, il y a au moins un cochon... Je veux dire à 4 pattes ! (Manon des Sources).
En Turquie, il n’y a pas de cocus, il n’y a que des veufs. (Fanny)
Quand on n'a pas d'enfants, on est jaloux de ceux qui en ont et quand on en a, ils vous font devenir chèvre ! La Sainte Vierge, peuchère, elle n'en a eu qu'un et regarde un peu les ennuis qu'il lui a faits ! Et encore, c'était un garçon... (Fanny)

Du secret

Ce n’est pas en ouvrant la gorge d’un rossignol que l’on découvrira le secret de son chant.
Un secret, ce n'est pas quelque chose qui ne se raconte pas. Mais c'est une chose qu'on se raconte à voix basse, et séparément.

De la bêtise

César (à Marius): Quand on fera danser les couillons, tu seras pas à l’orchestre. (Marius)
Fabien (appelant la troupe pour retourner travailler): Allons, Mesdames et Messieurs, allons vivre de nos charmes! Allons apprendre leur bonheur aux imbéciles en leur montrant notre malheur...

De Dieu et de l'athéisme

Le châtiment de l'incroyant, ce sera peut-être le pardon de Dieu. (La femme du boulanger)
Pardi, si les péchés faisaient souffrir quand on les fait, nous serions tous des saints! (César)

De la science et du génie
Il faut se méfier des ingénieurs. Ça commence par la machine à coudre et ça finit par la bombe atomique.
Il est facile d'imiter les hommes de science. Leurs découvertes sont transmissibles, celles des artistes ne le sont pas. La contemplation prolongée de la Joconde ne nous donne pas le talent de Vinci. Mais, si un savant de génie invente la poudre et qu'il en donne la formule, tous les imbéciles en font : ils nous l'ont bien prouvé, et ce n'est pas fini. (Notes sur le rire)
Message 27/04/2007 11:03:45
 
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Message 27/04/2007 11:03:45
 
marnie
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Localisation: Chinatown - Paris 13
Marcel Pagnol  Répondre en citant  

Anecdote de ma part : j'avais 9 ans, je lisais à la récréation : la femme du boulanger, on me l'a confisqué et l'instit qui me l'a pris m'a dit : ce n'est pas un livre de ton âge, je ne compends pas que l'on te laisse lire des romans comme cela !

Je n'ai compris que bien plus tard, que l'infidélité traîté ici de manière quelque peu immorale selon les protagonistes provoquait cette réaction !


Avant 12 ans j'avais lu la plupart des romans de Pagnol, mais j'ai particulièrement adoré le troisième tome de ses souvenirs d'enfance "temps des secrets" vous vous souvenez "le chateau de ma mère, la gloire de mon père" certainement parce que c'est autobiographique et que c'est particulièrement touchant". Les films qui en ont été tirés perdent ce côté nostalgie profonde et sensibilité, même s'ils sont visuellement agréables à regarder. La provence est souvent un des vrais personnages dans ces romans qui glorifient une manière de vivre tout en se montrant critique envers la nature humaine.

J'aime beaucoup la trilogie Marius Fanny Cesar, (hors les passages cultes des films, ces derniers ont très mal vieillis, l'héroïne Orane Demazis étant particulièrement irritante) mais Topaze et la femme du boulanger sont pour moi ses meilleurs romans !
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Ne te venge pas ! Assieds-toi au bord de la rivière et tu verras passer le cadavre de ton ennemi. Lao Tseu
Message 06/05/2007 13:46:48
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Cesy
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re  Répondre en citant  

moi j'avais du voir la gloire de mon père et le château de ma mère vers 7-8 ans en vidéo et je m'en souviens assez bien, (je sais ça date quand même) j'avais beaucoup aimé, même si je ne me rendais pas compte de tout, je suis sur que si je le revoyais maintenant plein de détails apparaitraient.
en plus la provence je connais très bien puisque j'y ai passé toutes mes vacances d'enfance jusqu'à l'âge de 14 ans. endroit merveilleux.
Message 07/05/2007 14:15:17
 
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Marcel Pagnol    

Message 16/08/2017 22:42:50
 

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