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Victor Hugo
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Victor Hugo  Répondre en citant  

Victor Hugo

Victor-Marie Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon, mort le 22 mai 1885 à Paris, est un écrivain, homme politique et intellectuel engagé français du XIXe siècle. Il est considéré comme le plus important des écrivains romantiques de langue française.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la Chambre des Pairs, correspondance abondante.


Biographie


Enfance et jeunesse

Il est né à Besançon le 26 février 1802, mais passe son enfance à Paris. Il est le dernier des trois fils de Sophie Trébuchet (1772–1821) et de Joseph Léopold Sigisbert Hugo (1773–1828). Ses grands frères étaient Abel Joseph Hugo (1798–1855) et Eugène Hugo (1800–1837). De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite de son père, général de Napoléon, marqueront ses premières années. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari, car elle entretient une liaison avec le général d'empire Victor Fanneau de la Horie. Elle dispense à son fils une éducation assez libre avec l'aide de Fanneau de la Horie, son parrain et précepteur, qui accorde une grande place à toutes les formes de lecture. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien » Sa vocation est précoce et ses ambitions sont immenses.

Avec ses frères Abel et Eugène, il fonde en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux floraux (voir Clémence Isaure). Deux fois lauréat (1819 et 1820), également primé par l’académie, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a un goût marqué (il suit les cours des classes préparatoires), et embrasse la carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors dix-neuf ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permettent de faire connaître rapidement cet ouvrage. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Dès cette époque, Hugo est tout à la fois poète, romancier, dramaturge et même journaliste : Hugo entreprend tout et réussit beaucoup.

Le jeune écrivain

C’est avec Cromwell, publié en 1827, qu’il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s’oppose aux conventions classiques, en particulier à l’unité de temps et à l’unité de lieu. Il met véritablement en pratique ses théories dans la pièce Hernani. Cette œuvre est la cause d’un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers, au premier rang desquels Théophile Gautier, s’enthousiasmant pour cette œuvre romantique — combat qui restera dans l’histoire de la littérature sous le nom de « bataille d’Hernani. » Dès lors, la production d’Hugo ne connaît plus de limites : romans (Notre-Dame de Paris, 1831) ; poésie (Les Chants du crépuscule, 1835) ; théâtre (Ruy Blas, 1838).

De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbre ouvrage des Feuilles d'automne.

Il épouse, le 12 octobre 1822, Adèle Foucher qui lui donne plusieurs enfants :

Léopold (16 juillet 1823–10 octobre 1823)
Léopoldine (28 août 1824–4 septembre 1843)
Charles (4 novembre 1826–13 mars 1871)
François–Victor (28 octobre 1828–26 décembre 1873)
Adèle Hugo (24 août 1830–21 avril 1915), la seule qui survivra à son illustre père mais dont l'état mental, très tôt défaillant, lui vaudra de longues années en maison de santé.
Il aura, jusqu’à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre sera Juliette Drouet, actrice rencontrée en 1833, qui lui consacrera sa vie et le sauvera de l’emprisonnement lors du coup d’état de Napoléon III. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passent ensemble l'anniversaire de leur rencontre et remplissent, à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nomment tendrement le « Livre de l’anniversaire »

Hugo accède à l’Académie française en 1841.

En 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier, noyée avec son mari Charles Vacquerie dans le naufrage de leur barque. Hugo sera terriblement affecté par cette mort qui lui inspirera plusieurs poèmes des Contemplations — notamment, son célèbre « Demain, dès l'aube... »

L'exil

Un des lieux de séjour pendant l'exil. Maison dite Le Pigeon, à Bruxelles
Hauteville House, maison de Victor Hugo en exil à GuerneseyÉlevé par sa mère vendéenne dans l’esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l’intérêt de la démocratie (« J’ai grandi », écrit-il dans un poème où il s’en justifie). Son idée est que « là où la connaissance n’est que chez un homme, la monarchie s’impose. Là où elle est dans un groupe d’hommes, elle doit faire place à l’aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». Devenu partisan d’une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la deuxième République en 1848, et soutient la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte élu Président de la République en décembre, avec qui il rompt en 1849, le Président n'ayant pas répondu favorablement aux ambitions ministérielles de l'écrivain. Hugo s’exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu’il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime). Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Il fait partie des quelques proscrits qui refusent l’amnistie décidée quelque temps après (« Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là » . Pendant ces années difficiles, il publiera notamment Les Châtiments (1853), œuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des Siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Léopoldine — ainsi que sa curiosité — le pousse à tenter à Jersey, d’étranges expériences de spiritisme consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.

Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, après la Commune de Paris, tandis qu'il est expulsé de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale française, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale.

Le retour en France


L'enterrement de Victor HugoAprès la chute du Second Empire consécutive à la guerre franco-prussienne de 1870, c’est l’avènement de la Troisième République : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d’exil. Jusqu'à sa mort, en 1885, il restera une des figures tutélaires de la république retrouvée — en même temps qu'une référence littéraire incontestée.
Il décède le 22 mai 1885. Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'eut lieu la cérémonie. Il est d'abord question du Père Lachaise mais le premier juin il sera finalement conduit au Panthéon, la jeune Troisième République profitant de cet événement pour retransformer l'église Sainte-Geneviève en Panthéon. On considère que trois millions de personnes se sont déplacées alors pour lui rendre un dernier hommage. Il est à noter que la nuit suivant son décès, les prostituées de Paris travaillèrent gratuitement.


Une œuvre monumentale

L'ensemble de ce qui a survécu des écrits de Victor Hugo (plusieurs lettres personnelles ont été volontairement détruites par ses exécuteurs testamentaires Paul Meurice et Auguste Vacquerie) a été publié chez Jean-Jacques Pauvert et représente presque quarante millions de caractères !

« L’ensemble de mon œuvre fera un jour un tout indivisible. [...] Un livre multiple résumant un siècle, voilà ce que je laisserai derrière moi [...]. » (Lettre du 9 décembre 1859)

À travers ces mots, on devine une volonté farouche de pratiquer tous les genres : roman, poésie, théâtre, essai, etc. — autant qu’une passion du Verbe, à condition toutefois que ce dernier soit ancré dans l’Histoire. Par conséquent, distinguer la fiction proprement dite de l’engagement politique est, chez Hugo plus que chez tout autre écrivain, une gageure.

Le romancier

Un romancier inclassable

Hugo a laissé neuf romans. Le premier, Bug-Jargal a été écrit à seize ans ; le dernier, Quatrevingt-treize, à soixante-douze. L’œuvre romanesque a traversé tous les âges de l’écrivain, toutes les modes et tous les courants littéraires de son temps sans jamais se confondre totalement avec aucun. En effet, on trouve toujours chez Hugo une volonté de parodie et de décalage : Han d'Islande en 1823, Bug-Jargal publié en 1826, Notre-Dame de Paris en 1831 ressemblent aux romans historiques en vogue au début du XIXe siècle mais n’en sont pas vraiment ; c'est que Hugo n’est certainement pas Walter Scott ; chez lui en effet, les temps modernes pointent toujours derrière l’Histoire.

Le Dernier Jour d'un condamné en 1829 et Claude Gueux en 1834 ne sont pas plus aisés à définir. Ce sont des romans à la fois historiques et sociaux qui sont, surtout, engagés dans un combat — l’abolition de la peine de mort — qui dépasse de loin le cadre de la fiction. On pourrait en dire autant des Misérables qui paraît en 1862, en pleine période réaliste, mais qui lui emprunte peu de caractéristiques. Ce succès populaire phénoménal embarrassera d'ailleurs la critique car il louvoie constamment entre mélodrame populaire, tableau réaliste et essai didactique…


De la même façon, dans Les Travailleurs de la mer (1866) et dans L'Homme qui rit (1869), Hugo se rapproche davantage de l’esthétique romantique du début du siècle, avec ses personnages difformes, ses monstres et sa Nature effrayante.

Enfin, en 1874, Quatrevingt-treize — l'ultime roman — signe la concrétisation romanesque d’un vieux thème hugolien : le rôle fondateur de la Révolution française dans la conscience littéraire, politique, sociale et morale du dix-neuvième siècle.

Une œuvre de combat

Le roman hugolien n’est pas un « divertissement » : il est — presque toujours — au service du débat d’idées. On l’a vu avec les romans abolitionnistes de sa jeunesse, on le voit encore dans sa maturité, à travers de nombreuses, et parfois envahissantes, digressions sur la misère matérielle et morale, dans Les Misérables. Ses héros sont, comme les héros de tragédie (le dramaturge n’est pas loin), aux prises avec les contraintes extérieures et une implacable fatalité tantôt imputable à la société (Jean Valjean ; Claude Gueux ; le héros du Dernier jour d’un condamné), tantôt à l’Histoire (Quatrevingt-treize) ou bien à leur naissance (Quasimodo). C’est que le goût de l’épopée, des hommes aux prises avec les forces de la Nature, de la Société, de la fatalité, n’a jamais quitté Hugo ; l’écrivain a toujours trouvé son public sans jamais céder aux caprices de la mode : qui s’étonnera qu’il ait pu devenir un classique de son vivant ?

Le dramaturge

À vingt-six ans, dans la célèbre préface de Cromwell, Victor Hugo jette les bases d’un genre nouveau : le drame romantique. Dans ce texte, le jeune homme ambitieux remet en cause les règles bien établies du théâtre classique, et introduit les thèmes romantiques sur la scène : multiplication des personnages, des lieux, mélange des registres — le vulgaire et le recherché, le sublime et le grotesque – et met ainsi davantage de vie dans un théâtre trop compassé. Revers de la médaille : Cromwell, pièce aux 6000 vers et aux innombrables personnages n’est pas jouée — « injouable » disent certains…

C’est grâce à Hernani que le dramaturge accède véritablement, en 1830, à la célébrité et prend une place déterminante parmi les modernes. Les années suivantes, Hugo se heurtera aux difficultés matérielles (scène à l’italienne, peu propice aux spectacles d’envergure) et humaines (réticences des Comédiens Français devant les audaces de ses drames). Il alternera triomphes (Lucrèce Borgia) et échecs (Le Roi s’amuse), avant de décider, avec Alexandre Dumas, de créer une salle dédiée au drame romantique : ce sera le Théâtre de la Renaissance où il fera donner, en 1838, Ruy Blas.

En 1843, l’échec des Burgraves l’affecte durement. Hugo désespère de parvenir à un théâtre à la fois exigeant et populaire. Le dramaturge, frappé en outre par le deuil (Léopoldine meurt cette même année), délaisse la scène.

Victor Hugo marquera son retour au théâtre avec l'écriture, à partir de 1866, de plusieurs pièces, dont la série du Théâtre en liberté.


Le poète

Vers de jeunesse

À vingt ans, Hugo publie les Odes, recueil qui laisse déjà entrevoir, chez le jeune écrivain, les thèmes hugoliens récurrents : le monde contemporain, l’Histoire, la religion et le rôle du poète, notamment. Par la suite, il se fait de moins en moins classique, de plus en plus romantique, et Hugo séduit le jeune lecteur de son temps au fil des éditions successives des Odes (quatre éditions entre 1822 et 1828).

En 1828, Hugo réunit sous le titre Odes et Ballades toute sa production poétique antérieure. Fresques historiques, évocation de l’enfance ; la forme est encore convenue, sans doute, mais le jeune romantique prend déjà des libertés avec le mètre et la tradition poétique. Cet ensemble permet en outre de percevoir les prémisses d’une évolution qui durera toute sa vie : le catholique fervent s’y montre peu à peu plus tolérant, son monarchisme qui se fait moins rigide et accorde une place importante à la toute récente épopée napoléonienne ; de plus, loin d’esquiver son double héritage paternel (napoléonien) et maternel (royaliste), le poète s’y confronte, et s’applique à mettre en scène les contraires (la fameuse antithèse hugolienne !) pour mieux les dépasser :

« Les siècles, tour à tour, ces gigantesques frères,
Différents par leur sort, semblables en leurs vœux,
Trouvent un but pareil par des routes contraires. »

Puis Hugo s’éloigne dans son œuvre des préoccupations politiques immédiates auxquelles il préfère — un temps — l’art pour l’art. Il se lance dans les Orientales (l’Orient est un thème en vogue) en 1829, (l’année du Dernier jour d’un condamné).

Le succès est important, sa renommée de poète romantique assurée et surtout, son style s’affirme nettement tandis qu’il met en scène la guerre d'indépendance de la Grèce (l’exemplarité de ces peuples qui se débarrassent de leurs rois n’est pas innocente du contexte politique français) qui inspirera également Lord Byron ou Delacroix.


La première maturité

Dès les Feuilles d’automne (1832), les Chants du crépuscule (1835) Les Voix intérieures (1837), jusqu’au recueil les Rayons et les ombres (1840), se dessinent les thèmes majeurs d’une poésie encore lyrique — le poète est une « âme aux mille voix » qui s’adresse à la femme, à Dieu, aux amis, à la Nature et enfin (avec les Chants du crépuscule) aux puissants qui sont comptables des injustices de ce monde.

Ces poésies touchent le public parce qu’elles abordent avec une apparente simplicité des thèmes familiers ; pourtant, Hugo ne peut résister à son goût pour l’épique et le grand si bien que, dès le premier vers des Feuilles d'automne, on peut lire le fameux :

« Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte »

On le voit, Hugo s’applique d’emblée à ancrer le poète dans l’Histoire. Il ne l’en fera jamais sortir, tout au long de son œuvre.


L'exil

À partir de l'exil commence une période de création littéraire qui se caractérise par sa richesse, son originalité et par sa puissance. C'est alors que naîtront certains des plus fameux poèmes de la langue française (l'Expiation dans les Châtiments, Booz endormi dans la Légende des siècles, pour ne citer que ces deux exemples).


Les Châtiments sont des vers de combat qui ont pour mission, en 1853, de rendre public le "crime" du « misérable » Napoléon III : le coup d'État du 2 décembre. Prophète des malheurs qui attendent Napoléon III, exécuteur du neveu honni, Hugo s’y fait cruel, satirique, voire grossier pour châtier "le criminel". Mais Hugo se fait aussi poète de temps meilleurs comme par exemple dans Stella ; le poète prend alors des tons quasiment religieux. Quant à la "forme" des Châtiments, elle est d'une extrême richesse puisque Hugo recourt aussi bien à la fable, qu'à l'épopée, à la chanson ou à l'élégie, etc.

Quelques années plus tard, Hugo déclare, à propos des Contemplations qui paraissent en 1856 : « Qu’est-ce que les Contemplations ? — Les mémoires d’une âme » Apothéose lyrique, marquée par l’exil à Guernesey et la mort (cf. Pauca Meae) de la fille adorée : exil affectif, exil politique : Hugo part à la découverte solitaire du moi et de l’univers. Le poète, tout comme dans les Châtiments, se fait même prophète, voix de l’au-delà, voyant des secrets de la vie après la mort et qui tente de percer les secrets des desseins divins. Mais, dans le même temps, les Contemplations, au lyrisme amoureux et sensuel, contient certains des plus célèbres poèmes inspirés par Juliette Drouet. Les Contemplations : œuvre multiforme donc comme il convient aux « mémoires d’une âme ».

Enfin, la Légende des siècles, son chef-d’œuvre, synthétise rien moins que l’histoire du monde en une immense épopée parue en 1859 ; « L’homme montant des ténèbres à l’Idéal », c'est-à-dire la lente et douloureuse ascension de humanité vers le Progrès et la Lumière.

En juin 1878, Hugo fut victime d'une congestion cérébrale qui mit pratiquement fin à son activité d'écriture. Toutefois de très nombreux recueils, réunissant en fait des poèmes datant de ses années d'inspiration exceptionnelle (1850-1870) continuaient de paraître régulièrement (La Pitié suprême en 1879, L'Âne, Les Quatre Vents de l'esprit en 1881, la dernière série de la Légende des siècles en 1883...) , contribuant à la légende du vieil homme intarissable jusqu'à la mort.


Une place à part dans son siècle

Tantôt lyrique, tantôt épique ; combattant infatigable et père vaincu ; tour à tour classique et audacieux, Hugo est tout cela à la fois et davantage : celui qui a profondément ému ses contemporains (qui ne connaît le célébrissime Demain, dès l’aube ?), exaspéré les puissants et inspiré les plus grands poètes de son temps et des temps à venir.


Sa pensée politique

À partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. La pensée de Victor Hugo, complexe et parfois déroutante, refuse toute condamnation des personnes et tout manichéisme, mais n'en est pas moins sévère pour la société de son temps.


Politique intérieure

Les représentants représentés, caricature de Victor Hugo par Daumier, 1849, après l'élection de l'écrivain à l'Assemblée constituanteRéformiste, il souhaite changer la société. S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches qui capitalisent leurs gains sans les réinjecter dans la production. L'élite bourgeoise ne le lui pardonnera pas. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime. C'est ainsi qu'en 1851, il lance un appel aux armes — « Charger son fusil et se tenir prêt » — qui n'est pas entendu. Il maintient cette position jusqu'en 1870. Quand éclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : guerre de « caprice » et non de liberté. Puis, l'Empire est renversé et la guerre continue, contre la République ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans réponse. Alors, le 17 septembre, le patriote prend le pas sur le pacifiste : il publie cette fois un appel à la levée en masse et à la résistance. Les républicains modérés sont horrifiés : pour ceux-ci en effet, mieux vaut Bismarck que les « partageux » ! Le peuple de Paris, quant à lui, se mobilise et l'on s'arrache les Châtiments.


La peine de mort

Hugo est un farouche abolitionniste. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il luttera contre. Le dernier jour d’un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l’injustice et l’inefficacité du châtiment suprême. Mais la littérature ne suffit pas, Hugo le sait. Chambre des Pairs, Assemblée, Sénat : Victor Hugo saisira toutes les tribunes pour défendre l’abolition :

« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. » (Voir la transcription du Discours de Victor Hugo effectué le 15 septembre 1848 devant l'Assemblée Constituante.)


La Commune

En accord avec lui-même, Hugo ne pouvait être communard :

« Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J'accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c'est qu'elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : « civilisation-révolution ». La construction d'une société égalitaire ne saurait découler que d'une recomposition de la société libérale elle-même. »

Pourtant, Victor Hugo défend la grâce du jeune officier protestant devenu Ministre de la guerre de la Commune Louis-Nathaniel Rossel face à Adolphe Thiers. Un jeune homme qu'il estime et juge différent des autres communards. Devant la répression qui s'abat sur les communards, le poète dit son dégoût :

« Des bandits ont tué 64 otages. On réplique en tuant 6 000 prisonniers ! »


La question sociale

Dénonçant jusqu'à la fin la ségrégation sociale, Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu'il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas ! ». Il s'agissait précisément de récolter des fonds pour permettre à 126 délégués ouvriers de se rendre au premier Congrès socialiste de France, à Marseille.


Discours

Victor Hugo a prononcé pendant sa carrière politique plusieurs grands discours ; la plupart d'entre eux sont regroupés dans Actes et paroles :

contre la misère (Discours sur la misère, 9 juillet 1849) ;
sur la condition féminine (aux obsèques de George Sand, 10 juin 1876) ;
contre l'enseignement religieux et pour l'école laïque et gratuite (Discours à propos du projet de loi sur l’enseignement, 15 janvier 1850);
plusieurs plaidoyers contre la peine de mort (Que dit la société ? « Tu ne tueras pas ». Comment le dit-elle ? En tuant !);
plusieurs discours en faveur de la paix (Discours d’ouverture du Congrès de la paix, 21 août 1849);
pour le droit de vote universel ;
sur la défense du littoral.
contre l'invalidation de l'élection de Garibaldi à l'Assemblée nationale en 1871, qui fut à l'origine de sa propre démission (Contre l'invalidation de Garibaldi, Discours à l'Assemblée nationale, 8 mars 1871, Grands moments d'éloquence parlementaire)

La paix par le commerce

Victor Hugo ne cesse d'insister sur le fait que le commerce remplacera la guerre, sans néanmoins prévoir comme le constatera amèrement Bernanos que l'on finira par « se disputer la clientèle à coups de canon ». Dans cette vision de l'ordre commercial remplaçant l'ordre militaire, il annonce en germe le philosophe Alain.

Cette vision positive de la mission de l'homme est condensée dans un de ses vers les plus célèbres :

« Collabore avec Dieu. Prévois. Pourvois. Prends soin. »


La colonisation et l'esclavage


Victor Hugo s'est peu exprimé sur la question de la colonisation de l'Algérie, qui a constitué pourtant la principale aventure coloniale de la France de son époque. Ce silence relatif ne doit pourtant pas être trop rapidement assimilé à un acquiescement de la part de l'auteur des Misérables. En effet, si Hugo a été sensible aux discours légitimant la colonisation au nom de la « civilisation», une analyse attentive de ses écrits - et de ses silences - montre qu'à propos de la « question algérienne » ses positions furent loin d'être dénuées d'ambiguïtés : sceptique à l'égard des vertus civilisatrices de la « pacification » militaire, il devait surtout voir dans l'Algérie colonisée le lieu où l'armée française s'est « faite tigre », et où les résistants au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte ont été déportés.

Sur la question de l'esclavage, celui qui, dans les années 1820, montrait à travers Bug-Jargal qu'il partageait dans sa vision des peuples noirs les mêmes préjugés que ses contemporains, et qui garda un silence étonnant lors de l'abolition de l'esclavage en 1848, devait intervenir pour demander la grâce de l'abolitionniste américain John Brown.


Hugo et ses contemporains

Le temps des rivaux

Hugo entretient des relations d’estime et d’admiration mutuelles avec Balzac (un peu de méfiance, l’ego des grand créateurs y pourvoit) ou Nerval. Relations d’amitié avec Dumas, son compagnon de romantisme, qui dureront, avec beaucoup de hauts et quelques bas, toute la vie. La rivalité est plus exacerbée avec Lamartine, auquel Hugo ne cesse de proclamer son admiration mais ne lui concède plus, le succès venant, de réelle prééminence artistique.

Devant le talent d’Hugo, son originalité et sa brillante ascension, il est cependant difficile de ne pas s'incliner. De plus, sa grandeur d’âme et son intégrité forcent l’admiration : vingt années d’exil, en partie volontaire, ce n’est pas rien et fait taire bien des détracteurs...


La statue du commandeur

À partir des années d’exil, et plus encore à son retour, Hugo devient une sorte de statue du commandeur : populaire, admiré par ses pairs et craint par les politiques, Victor Hugo est incontournable. Que l’on soit romancier, poète ou dramaturge, on se définit par rapport à lui – pour ou contre cette figure décidément trop imposante...

Hugo, on le voit, a trop de pouvoir pour n’être pas haï par certains. Quant à la politique, les républicains les plus à gauche doutent de sa conversion, tandis que les monarchistes ne pardonnent pas facilement à celui qui a trahi son milieu. Le public, lui, voue déjà un culte au vieil homme et les jeunes poètes continuent de lui envoyer leurs vers – tandis que d'autres se montrent volontiers irrévérencieux...

« Hugo : l’Homme apocalyptique,
L’Homme-Ceci-tûra-cela,
Meurt, gardenational épique ;
Il n’en reste qu’un — celui-là — »
– Tristan Corbière, « Un jeune qui s'en va », Les Amours jaunes (1873)

Baudelaire admire éperdument Hugo, mais éprouve parfois de l’irritation devant ce poète qui fait des vers « politiques » : cet agacement traduit la relation ambiguë qui sera celle, au fond, de bien des écrivains de la fin du XIXe. Zola lui reprochera sa tiédeur à l’égard des communards – il ne sera pas le seul – comme d‘autres lui reprocheront au contraire ses positions trop sociales.

Flaubert, s’il admire le romantique de 1830, se méfie du « vieux crocodile » dont il juge les digressions philosophiques, dans les Misérables notamment, indigestes. Baudelaire et Verlaine partagent ce point de vue comme tous ceux qui pensent que l’art et l’engagement politique ne doivent pas être mêlés.

En fin de compte, Hugo est un homme capable d'exaspérer ses admirateurs et d'être admiré de ses ennemis. Quoi de plus naturel pour un maître de l’antithèse...

Même longtemps après sa mort, Hugo continuera, par son œuvre ou son action, de susciter les réactions les plus diverses : exécration de Maurras, admiration de Mauriac qui déclare, en 1952 : « Il commence à peine à être connu. Le voilà au seuil de sa vraie gloire. Son purgatoire est fini. »


Adaptations

Les œuvres d'Hugo ont donné lieu à d'innombrables adaptations au cinéma, à la télévision ou au théâtre. Les plus grands acteurs se sont battus pour incarner les héros hugoliens, en tête desquels Jean Valjean, interprété, en France, par Harry Baur, Jean Gabin, Lino Ventura ou Gérard Depardieu.

Cinéma

Près d'une centaine d'adaptations au total dont plus d'une quarantaine pour Les Misérables, suivi de près par Notre-Dame de Paris. L'universalité d'Hugo s'y manifeste de façon éclatante car les cinémas les plus divers se sont emparés de son œuvre : américain (1915, Don Caesar de Bazan, tiré de Ruy Blas) ; anglais, indien (Badshah Dampati, en 1953, adaptation de Notre-Dame de Paris) ; japonais (en 1950 Re Mizeraburu : Kami To Akuma : adaptation dans un cadre japonais, sous l'ère Meiji) ; égyptien (ex :1978, Al Bo'asa adaptation des Misérables) ; italien (1966, L'Uomo che ride, adaptation de L'Homme qui rit), etc.

On y ajoutera les films inspirés de la vie de Victor Hugo, L'Histoire d'Adèle H. de François Truffaut étant l'un des plus connus.


Télévision

Un nombre très important d'adaptations, plus ou moins fidèles. En France, on retiendra le succès considérable des Misérables de Robert Hossein (1985) avec Lino Ventura, Jean Carmet et Michel Bouquet.


Opéra

Lucrezia Borgia, de Gaetano Donizetti, 1833, d'après Lucrèce Borgia.
Il Giuramento, Saverio Mercadante, 1837, d’après Angelo, tyran de Padoue.
Ernani de Verdi, 1844, tiré de la pièce Hernani.
Rigoletto de Verdi, 1851, d'après la pièce Le Roi s'amuse.
De façon générale, Victor Hugo n'est guère friand de telles adaptations qui lui auraient inspiré cette cruelle injonction : « Défense de déposer de la musique au pied de mes vers ! »

Néanmoins, son ami Franz Liszt compose plusieurs pièces symphoniques inspirées de ses poèmes : Ce qu’on entend sur la montagne, tiré des Feuilles d'automne, et Mazeppa, tiré des Orientales. Bien d'autres compositeurs s'affranchiront de l'interdit hugolien, de Bizet à Wagner en passant par Camille Saint-Saëns ou Fauré


Comédies musicales

Les Misérables, (adaptation d'Alain Boublil et Claude-Michel Schönberg) en 1980, est devenue l'une des plus célèbres comédies musicales : jouée dans 29 pays et près de 200 villes, traduite en 18 langues et vue par 42 millions de spectateurs au total !
Notre-Dame de Paris, 1999 (adaptation Luc Plamondon et Richard Cocciante).

Films d'animation

Plusieurs succès, dont Le Bossu de Notre-Dame (1996) (The Hunchback of Notre Dame, par les studios Disney) ou Les Misérables (1979), film d'animation japonais.

Théâtre

Cromwell (1827)
Hernani (1830)
Marion Delorme (1831)
Le Roi s'amuse (1832)
Lucrèce Borgia (1833)
Marie Tudor (1833)
Angelo, tyran de Padoue (1835)
Ruy Blas (1838)
Les Burgraves (1843)
Torquemada (1882)
Théâtre en liberté (posthume : 1886)

Romans


Bug-Jargal (1826)
Le Dernier Jour d'un condamné (1829)
Notre-Dame de Paris (1831)
Claude Gueux (1834)
Les Misérables (1862)
Les Travailleurs de la mer (1866)
L'Homme qui rit (1869)
Quatrevingt-treize (1874)

Poésies

Odes et poésies diverses (1822)
Nouvelles Odes (1824)
Odes et Ballades (1826)
Les Orientales (1829)
Les Feuilles d’automne (1831)
Les Chants du crépuscule (1835)
Les Voix intérieures (1837)
Les Rayons et les ombres (1840)
Les Châtiments (1853)
Les Contemplations (1856)
Première série de la Légende des Siècles (1859)
Les Chansons des rues et des bois (1865)
L'Année terrible (1872)
L'Art d'être grand-père (1877)
La Pitié suprême
Nouvelle série de la Légende des Siècles (1877)
Le Pape (1878)
L'Âne (1880)
Religions et religion (1880)
Les Quatre Vents de l'esprit (1881)
Série complémentaire de la Légende des Siècles (1883)

Recueils posthumes :

La Fin de Satan (1886)
Toute la Lyre (1888, 1893, 1897, 1937),
Nouvelle série de Toute la Lyre (1893)
Dieu (1891)
Les Années funestes (1898)
Dernière Gerbe (1902, 1941, le titre n'est pas de Victor Hugo)
Océan. Tas de pierres (1942)


Autres textes

Étude sur Mirabeau (1834)
Littérature et philosophie mêlées (1834)
Le Rhin (1842)
Napoléon le Petit (pamphlet, 1852)
Lettres à Louis Bonaparte (1855)
William Shakespeare (1864)
Paris-Guide (1867)
Mes Fils (1874)
Actes et paroles - Avant l'exil (1875)
Actes et paroles - Pendant l'exil (1875)
Actes et paroles - Depuis l'exil (1876)
Histoire d'un crime - 1re partie (1877)
Histoire d'un crime - 2e partie (1878)
L'Archipel de la Manche (1883)

Œuvres posthumes

Choses vues - 1re série (1887, mémoires et commentaires pris sur le vif, le titre n'est pas de Victor Hugo)
Choses vues - 2e série (1900)
Alpes et Pyrénées (1890, carnets de voyage)
France et Belgique (1892, carnets de voyage)
Correspondances - Tome I (1896)
Correspondances - Tome II (1898)
Post-scriptum de ma vie (1901, recueil de textes philosophiques des années 1860)
Mille Francs de récompense (1934, théâtre)
Pierres (1951, fragments manuscrits)


Œuvres complètes, éditions de référence

Édition Hetzel – Quantin, dite « ne varietur », 1880-1892. Œuvres complètes de Victor Hugo. Édition définitive d’après les manuscrits originaux. – J. Hetzel et Cie ; A. Quantin, 1880-1889. – 48 vol. in-8°. I. Poésie (16 vol.) – II. Philosophie (2 vol.) – III. Histoire (3 vol.) – IV. Voyages (2 vol.) – V. Drame (5 vol.) – VI. Roman (14 vol.) – VII. Actes et paroles (4 vol.) – VIII Œuvres diverses (2 vol.)
Éditions Rouff, 18??-1880. L'Œuvre de Victor Hugo. Édition populaire, 227 volumes in-32°.
1904-1952 : Éditions Ollendorff et Albin Michel, dite « de l’Imprimerie nationale » Œuvres complètes de Victor Hugo – P. Ollendorff ; Albin Michel ; Imprimerie Nationale, 1902-1952. – 45 vol. – Portraits, planches en noir et en couleurs, fig. fac-similés, couvertures imprimées. Éditeurs intellectuels successifs : Paul Meurice (1904-1905), Gustave Simon (1905-1928) et Cécile Daubray (1933-1952). Edition critique, avec pour la première fois la Correspondance de Victor Hugo ainsi que de nombreux textes inédits.
1967-1970 : Édition chronologique Massin, au Club Français du livre Œuvres complètes de Victor Hugo : édition chronologique publiée sous la direction de J. Massin. Club Français du Livre, 1967-1970. – 18 vol.
Collection « Bouquins » aux éditions Robert Laffont. Textes proches de l’édition Massin, et revus pour le centenaire de la mort de Hugo. Œuvres complètes de Victor Hugo dirigée par Jacques Seebacher et Guy Rosa ; en collaboration avec le Groupe Inter-universitaire de travail sur Victor Hugo-Paris VII. R. Laffont, 1985 – 18 volumes.

Sur l'homme

Alain Decaux, Victor Hugo, Perrin, 2001.
Juliette Drouet, Mille et une lettres d'amour à Victor Hugo, choisies, préfacées et annotées par Paul Souchon, Gallimard, coll. « L'Imaginaire » (Gallimard, 1951).
Martin Feller, Der Dichter in der Politik. Victor Hugo und der deutsch-französische Krieg von 1870/71. Untersuchungen zum französischen Deutschlandbild und zu Hugos Rezeption in Deutschland. Thèse Marburg 1988.
Danièle Gasiglia, Victor Hugo, sa vie, son œuvre, Frédéric Birr, 1984
Jean-Marc Hovasse, Victor Hugo I, Avant l'exil : 1802-1851, Fayard, 2001.
Jean-François Kahn, Victor Hugo, un révolutionnaire, Fayard, 2001
Paul Lafargue, la Légende de Victor Hugo, Mille et une nuits, (texte original : La Légende de Victor Hugo de 1817 à 1873, parue dans la Revue socialiste, 1891). Pamphlet virulent, écrit par un ancien communard, et à contre-courant, accusant l'écrivain de n'être qu'un bourgeois opportuniste.
Arnaud Laster, Pleins feux sur Victor Hugo, Comédie-Française, 1981 ; Victor Hugo, Pierre Belfond, 1984.
Frédéric Lenormand, Les Fous de Guernesey ou les amateurs de littérature, Robert-Laffont, 1991. Sur l'exil à Saint-Pierre-Port.
Jérôme Picon et Isabel Violante, Victor Hugo contre la peine de mort, avant-propos de Robert Badinter, Paris, 2001, éditions Textuel.
André Maurois, Olympio ou la Vie de Victor Hugo, Hachette, 1985.
Frank Wilhelm, Victor Hugo et l'Idée des États-Unis d'Europe, Luxembourg, éd. par les Amis de la Maison de Victor Hugo à Vianden, 2000.

Sur le dessinateur

Max-Pol Fouchet, Victor Hugo, imagier de l'ombre : avec trente-trois dessins, Actes Sud, Arles, 1985.


Hommages

Avenue Victor-Hugo (Paris et de nombreuses villes de France)
Statues de Victor Hugo à Paris, Guernesey entre autres.
La station de métro Victor Hugo (Paris)
Transfert de ses cendres au Panthéon de Paris
Plusieurs chanteurs ont repris des poèmes de Victor Hugo. Citons :
Georges Brassens (Gastibelza, La Légende de la Nonne...)
Julos Beaucarne (Je ne songeais pas à Rose...)
Colette Magny, Les Tuileries, Chanson en canot.
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:11:07
 
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Message 06/09/2007 18:11:07
 
Peabody
Deesse

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Inscrit le: 21 Nov 2006
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Localisation: Nancy, ville de Stanislas et de l'Art Nouveau
Demain, dès l'aube...  Répondre en citant  

Demain, dès l'aube...
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:12:11
 
enora
Geisha d"ambre

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Inscrit le: 14 Jan 2007
Messages: 1 528
Localisation: bretagne
Victor Hugo  Répondre en citant  

je le trouve tres emouvant ce poème Sad
_________________
Message 06/09/2007 18:17:33
 
Peabody
Deesse

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Inscrit le: 21 Nov 2006
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Localisation: Nancy, ville de Stanislas et de l'Art Nouveau
Victor Hugo  Répondre en citant  

Ce siècle avait deux ans
Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi. -

Je vous dirai peut-être quelque jour
Quel lait pur, que de soins, que de voeux, que d'amour,
Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,
M'ont fait deux fois l'enfant de ma mère obstinée,
Ange qui sur trois fils attachés à ses pas
Épandait son amour et ne mesurait pas !
Ô l'amour d'une mère ! amour que nul n'oublie !
Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie !
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !

Je pourrai dire un jour, lorsque la nuit douteuse
Fera parler les soirs ma vieillesse conteuse,
Comment ce haut destin de gloire et de terreur
Qui remuait le monde aux pas de l'empereur,
Dans son souffle orageux m'emportant sans défense,
A tous les vents de l'air fit flotter mon enfance.
Car, lorsque l'aquilon bat ses flots palpitants,
L'océan convulsif tourmente en même temps
Le navire à trois ponts qui tonne avec l'orage,
Et la feuille échappée aux arbres du rivage !

Maintenant, jeune encore et souvent éprouvé,
J'ai plus d'un souvenir profondément gravé,
Et l'on peut distinguer bien des choses passées
Dans ces plis de mon front que creusent mes pensées.
Certes, plus d'un vieillard sans flamme et sans cheveux,
Tombé de lassitude au bout de tous ses voeux,
Pâlirait s'il voyait, comme un gouffre dans l'onde,
Mon âme où ma pensée habite, comme un monde,
Tout ce que j'ai souffert, tout ce que j'ai tenté,
Tout ce qui m'a menti comme un fruit avorté,
Mon plus beau temps passé sans espoir qu'il renaisse,
Les amours, les travaux, les deuils de ma jeunesse,
Et quoiqu'encore à l'âge où l'avenir sourit,
Le livre de mon coeur à toute page écrit !

Si parfois de mon sein s'envolent mes pensées,
Mes chansons par le monde en lambeaux dispersées ;
S'il me plaît de cacher l'amour et la douleur
Dans le coin d'un roman ironique et railleur ;
Si j'ébranle la scène avec ma fantaisie,
Si j'entre-choque aux yeux d'une foule choisie
D'autres hommes comme eux, vivant tous à la fois
De mon souffle et parlant au peuple avec ma voix ;
Si ma tête, fournaise où mon esprit s'allume,
Jette le vers d'airain qui bouillonne et qui fume
Dans le rythme profond, moule mystérieux
D'où sort la strophe ouvrant ses ailes dans les cieux ;
C'est que l'amour, la tombe, et la gloire, et la vie,
L'onde qui fuit, par l'onde incessamment suivie,
Tout souffle, tout rayon, ou propice ou fatal,
Fait reluire et vibrer mon âme de cristal,
Mon âme aux mille voix, que le Dieu que j'adore
Mit au centre de tout comme un écho sonore !

D'ailleurs j'ai purement passé les jours mauvais,
Et je sais d'où je viens, si j'ignore où je vais.
L'orage des partis avec son vent de flamme
Sans en altérer l'onde a remué mon âme.
Rien d'immonde en mon coeur, pas de limon impur
Qui n'attendît qu'un vent pour en troubler l'azur !

Après avoir chanté, j'écoute et je contemple,
A l'empereur tombé dressant dans l'ombre un temple,
Aimant la liberté pour ses fruits, pour ses fleurs,
Le trône pour son droit, le roi pour ses malheurs ;
Fidèle enfin au sang qu'ont versé dans ma veine
Mon père vieux soldat, ma mère vendéenne !
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:54:54
 
Peabody
Deesse

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Inscrit le: 21 Nov 2006
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Localisation: Nancy, ville de Stanislas et de l'Art Nouveau
lettre d'amour  Répondre en citant  

Victor Hugo, lettre à Léonie Biard :

" Samedi - trois heures du matin.

Je rentre. J'ai ta lettre. Cette douce lettre, je l'avais lue aujourd'hui dans tes yeux. Que tu étais belle tantôt aux Tuileries sous ce ciel de printemps, sous ces arbres verts, avec ces lilas en fleurs au-dessus de ta tête. Toute cette nature semblait faire une fête autour de toi. Vois-tu, mon ange, les arbres et les fleurs te connaissent et te saluent. Tu es reine dans ce monde charmant des choses qui embaument et qui s'épanouissent comme tu es reine dans mon coeur.

Oui, j'avais lu dans tes yeux ravissants cette lettre exquise, délicate et tendre que je relis ce soir avec tant de bonheur, ce que ta plume écrit si bien, ton regard adorable le dit avec un charme qui m'enivre. Comme j'étais fier en te voyant si belle! Comme j'étais heureux en te voyant si tendre!

Voici une fleur que j'ai cueillie pour toi. Elle t'arrivera fanée, mais parfumée encore; doux emblème de l'amour dans la vieillesse. Garde-la; tu me la montreras dans trente ans.

Dans trente ans tu seras belle encore, dans trente ans je serai encore amoureux. Nous nous aimerons, n'est-ce pas, mon ange, comme aujourd'hui, et nous remercierons Dieu à genoux.

Hélas! Toute la journée de demain dimanche sans te voir ! Tu ne me seras rendue que lundi. Que vais-je faire d'ici là ? Penser à toi, t'aimer, t'envoyer mon coeur et mon âme. Oh! de ton côté sois à moi! à lundi! -- à toujours ! "
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:56:41
 
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Victor Hugo    

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