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Jacques Prévert
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Peabody
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Jacques Prévert  Répondre en citant  

Jacques Prévert

Jacques Prévert (4 février 1900 - 11 avril 1977) est un poète et scénariste français. Après le succès de son premier recueil de poèmes, Paroles (à 46 ans) il devient, grâce à son langage familier et ses jeux de mots, un grand poète populaire. Ses poèmes sont depuis lors célèbres dans la Francophonie et massivement appris dans les écoles françaises.


Biographie

Jacques Prévert naît au 19 de la rue de Chartres à Neuilly-sur-Seine, près de Paris, en 1900. Il y passe son enfance dans une famille de petit bourgeois trop dévots aux côtés de son père André Prévert, critique dramatique, qui l'amène souvent au théâtre, et de Suzanne Catusse, sa mère qui l'initie à la lecture. Il s'ennuie à l'école, et dès 15 ans, après son certificat d'études, il quitte l'école et fait des petits boulots, il travaille notamment au grand magasin Le Bon Marché. Il est mobilisé en 1918, puis débute son service militaire en 1920 à Saint-Nicolas-de-Port où il rencontre Yves Tanguy avant d' être envoyé à Istanbul où il fera la connaissance de Marcel Duhamel.

Il participe ensuite au mouvement surréaliste, dans le groupe de la rue du Château, avec Raymond Queneau et Marcel Duhamel, bien qu'il soit trop indépendant d'esprit pour faire véritablement partie d'un groupe constitué, quel qu'il soit. Il est le scénariste et dialoguiste des plus grands films français des années 1940. En 1932, il écrit des textes pour ce qui sera plus tard le groupe Octobre. Ses poèmes sont mis remarquablement en musique par Joseph Kosma dès 1933 (Les Feuilles mortes notamment). Il écrit des pièces de théâtre. La publication de son recueil Paroles en 1946 obtient un grand succès. Il entre alors au Collège de 'Pataphysique dont il devient satrape en 1953.

Le 12 octobre 1948, il tombe d'une porte-fenêtre qui avait été bricolée pour installer une mitrailleuse. Il reste plusieurs jours dans le coma et en gardera des séquelles neurologiques graves.

À l'initiative de sa femme, qui espère l'éloigner des tentations de la vie dissolue, et sur les conseils du décorateur Alexandre Trauner, il quitte Antibes en 1971 pour Omonville-la-Petite, dans la Hague. Il y meurt des suites d'un cancer du poumon, lui qui avait toujours la cigarette en bouche. Il avait 77 ans.

Il est enterré au cimetière d'Omonville-la-Petite, où l'on peut également visiter sa maison. Non loin de là, à Saint-Germain-des-Vaux, ses amis ont aménagé un jardin dédié au poète.


Son style

Prévert fait éclater le caractère conventionnel du discours par les jeux de mots. Sa poésie est constamment faite de jeux sur le langage (calembours, inventions burlesques, néologismes, lapsus volontaires...) dont le poète tire des effets comiques inattendus (un humour parfois noir !), des significations doubles ou encore des images insolites.

De même ses poèmes fourmillent de jeux de sons, de combinaisons pour l'oreille (allitérations, rimes et rythmes variés) qui paraissent faciles mais dont Prévert fait un usage savant. Enfin, il ne faut pas négliger les apports du surréalisme dont on retrouve les traces : inventaires, énumérations hétéroclites d'objets et d'individus, additions de substantifs ou d'adjectifs, etc. À noter également les procédés de l'image, de la métaphore et de la personnification (animal, objet, humain).

Ses principaux jeux de mots
jeu de cortège : développement descriptif, énumération d'objets et/ou d'individus.
équivoque : jeux sur la double signification d'un mot, au sens propre et au sens figuré, sens courant ou sens argotique.
zeugma : procédé qui rattache grammaticalement des termes qui ne se rapportent pas logiquement l'un à l'autre.
calembours : fondé sur une similitude de sons ou de sens.
néologisme : création de nouveaux mots.
mots pris à la lettre : jeux sur le sens premier des mots.
logique de l'absurde : tout ce qui est contraire à la raison.
allitération : répétition de consonnes
rimes et rythme : intérieur et extérieur.
aphorismes de fantaisie : maximes et proverbes de son imagination.
La syllepse est la figure de style qu'il utilise avec prédilection : elle consiste à opérer des glissements entre le sens propre et le sens figuré des mots. Par exemple, dans un texte de Paroles, intitulé La Lessive, Prévert joue avec une expression populaire «laver son linge sale en famille», (qui désigne le fait de garder dans le cercle familial les éventuels «secrets honteux» qu'on peut avoir à cacher) et s'amuse à la prendre au pied de la lettre, en représentant la famille autour d'un baquet, en train de récurer la fille de la maison qui a commis une faute qui sème la zizanie dans le cercle familial.

Bibliographie

1946 : Paroles
1946 : Le Cheval de Trois
1946 : Histoires
1947 : Contes pour enfants pas sages
1947 : Le Petit Lion
1950 : Des bêtes
1951 : Spectacle
1951 : Vignettes pour les vignerons
1951 : Grand Bal du printemps
1952 : Lettre des îles Baladar
1952 : Charmes de Londres
1952 : Bim, le petit âne
1952 : Guignol
1953 : Tour de chant
1953 : L’Opéra de lune
1955 : La Pluie et le beau temps
1955 : Lumières d’homme
1963 : Histoires
1966 : Fatras
1973 : Eaux-fortes

Filmographie

1932 : Comme une carpe de Claude Heymann, scénario, adaptation et histoire
1932 : L'affaire est dans le sac de Pierre Prévert, scénario et dialogues
1933 : Ciboulette de Claude Autant-Lara, adaptation et dialogues
1933 : Si j'était le Patron de Richard Pottier, scénario
1934 : Le Taxi de minuit de Albert Valentin
1934 : L'Hôtel du libre échange de Marc Allégret
1935 : Un oiseau rare de Richard Pottier
1936 : Moutonnet de René Sti, adaptation et dialogues
1936 : Jenny de Marcel Carné
1936 : Le Crime de Monsieur Lange de Jean Renoir, adaptation et dialogues
1937 : 27 rue de la Paix de Richard Pottier, adaptation
1937 : Drôle de drame de Marcel Carné, adaptation et dialogue'
1937 : L'Affaire du courrier de Lyon de Claude Autant-Lara et Maurice Lehmann, dialogues
1938 : Ernest le rebelle de Christian-Jaque, dialogues
1938 : Les Disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque, dialogues (non crédité)
1938 : Quai des brumes de Marcel Carné, scenario and dialogues
1939 : The Mysterious Mr. Davis de Claude Autant-Lara
1939 : Le jour se lève de Marcel Carné
1941 : Remorques de Jean Grémillon, adaptation et dialogues
1941 : Une femme dans la nuit de Edmond T. Gréville, adaptation et dialogues (non crédité)
1941 : Le Soleil a toujours raison de Pierre Billon, adaptation et dialogues
1942 : Les Visiteurs du soir de Marcel Carné
1943 : Lumière d'été de Jean Grémillon, scénario et dialogues
1943 : Adieu Léonard de Pierre Prévert, scénario et dialogues
1945 : Les Enfants du paradis de Marcel Carné
1945 : Sortilèges de Christian-Jaque, adaptation et dialogues
1946 : Aubervilliers de Eli Lotar, commentaires
1946 : Les Portes de la nuit de Marcel Carné
1946 : Voyage surprise de Pierre Prévert, scénario et dialogues
1947 : L'Arche de Noé de Henry Jacques, adaptation et dialogues
1947 : Le Petit soldat de Paul Grimault
1947 : La Fleur de l'âge de Marcel Carné, film inachevé
1949 : Les Amants de Vérone de André Cayatte, dialogues
1950 : Souvenirs perdus de Christian-Jaque
1950 : Bim de Albert Lamorisse, écriture et commentaire
1950 : La Marie du port de Marcel Carné, dialogues (non crédité)
1953 : La Bergère et le ramoneur de Paul Grimault, scénario, adaptation et dialogues
1956 : Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy
1958 : La Seine a rencontré Paris de Joris Ivens
1959 : Paris la Belle de Pierre Prévert, voix
1961 : Amours célèbres de Michel Boisrond, adaptation et dialogues
1964 : Le Petit Claus et le grand Claus de Pierre Prévert d'après le conte d'Hans Christian Andersen
1966 : À la belle étoile de Pierre Prévert, adaptation
1970 : Le Diamant de Paul Grimault
1980 : Le Roi et l'Oiseau de Paul Grimault, scénario, adaptation et dialogues
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Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:41:15
 
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Message 06/09/2007 18:41:15
 
Peabody
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Sables mouvants

Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Démons et merveilles
Vents et marées
Et toi
Comme une algue doucement carressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s'est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.

Extrait de Paroles
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Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:46:14
 
Peabody
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Jacques Prévert  Répondre en citant  

Cet Amour

Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au milieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blémir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l'avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C'est le tien
C'est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelles
Et qui n'a pas changé
Aussi vraie qu'une plante
Aussi tremblante qu'un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l'été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi j'écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s'aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Là où tu es
Là où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t'en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t'avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n'avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n'importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d'un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.


Extrait de Paroles
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Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:46:46
 
Peabody
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Jacques Prévert  Répondre en citant  

- Barbara -

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t'ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même jour-là
N'oublie pas
Un homme sous un porche s'abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t'es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu'es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d'acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé
C'est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n'est même plus l'orage
De fer d'acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent comme des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l'eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

Extrait de Paroles
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Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:48:00
 
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Osiris ou la fuite en Égypte

C'est la guerre c'est l'été
Déjà l'été encore la guerre
Et la ville isolée désolée
Sourit sourit encore
Sourit sourit quand même
De son doux regard d'été
Sourit doucement à ceux qui s'aiment
C'est la guerre c'est l'été
Un homme avec une femme
Marchent dans un musée désert
Ce musée c'est le Louvre
Cette ville c'est Paris
Et la fraicheur du monde
Est là tout endormie
Un gardien se réveille en entendant les pas
Appuie sur un bouton et retombe dans son rêve
Cependant qu'apparaît dans sa niche de pierre
La merveille de l'Égypte debout dans sa lumière
La statue d'Osiris vivante dans le bois mort
Vivante à faire mourir une nouvelle fois de plus
Toutes les idoles mortes des églises de Paris
Et les amants s'embrassent
Osiris les marie
Et puis rentre dans l'ombre
De sa vivante nuit.

Extrait de Paroles
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Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 06/09/2007 18:48:27
 
Peabody
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Jacques Prévert  Répondre en citant  

Contes pour enfants pas sages

L'AUTRUCHE
Lorsque le Petit Poucet abandonné dans la forêt sema des cailloux pour retrouver son chemin, il ne se doutait pas qu'une autruche le suivait et dévorait les cailloux un à un.
C'est la vraie histoire celle-là, c'est comme ça que c'est arrivé...
Le fils Poucet se retourne : plus de cailloux !
Il est définitivement perdu, plus de cailloux, plus de maison ; plus de maison, plus de papa-maman.
"C'est désolant", se dit-il entre ses dents.
Soudain il entend rire et puis le bruit des cloches et le bruit d'un torrent, des trompettes, un véritable orchestre, un orage de bruits, une musique brutale, étrange mais pas du tout désagréable et tout à fait nouvelle pour lui. Il passe alors la tête à travers le feuillage et voit l'autruche qui danse, qui le regarde, s'arrête de danser et lui dit :
L'autruche : "C'est moi qui fait ce bruit, je suis heureuse, j'ai un estomac magnifique, je peux manger n'importe quoi. "Ce matin, j'ai mangé deux cloches avec leur battant, j'ai mangé deux trompettes, trois douzaines de coquetiers, j'ai mangé une salade avec son saladier, et les cailloux blancs que tu semais, eux aussi, je les ai mangés. Monte sur mon dos, je vais très vite, nous allons voyager ensemble."
"Mais, dit le fils Poucet, mon père et ma mère je ne les verrai plus ?"
L'autruche : "S'ils t'ont abandonné, c'est qu'ils n'ont pas envie de te revoir de sitôt."
Le Petit Poucet : "Il y a sûrement du vrai dans ce que vous dites, madame l'Autruche."
L'autruche : "Ne m'appelle pas madame, ça me fait mal aux ailes, appelle-moi Autruche tout court."
Le Petit Poucet : "Oui, Autruche, mais tout de même, ma mère, n'est-ce pas !"
L'autruche (en colère) : "N'est-ce pas quoi ? Tu m'agaces à la fin et puis, veux-tu que je te dise, je n'aime pas beaucoup ta mère, à cause de cette manie qu'elle a de mettre toujours des plumes d'autruche sur son chapeau..."
Le fils Poucet : "Le fait est que ça coûte cher... mais elle fait toujours des dépenses pour éblouir les voisins."
L'autruche : "Au lieu d'éblouir les voisins, elle aurait mieux fait de s'occuper de toi, elle te giflait quelquefois."
Le fils Poucet : "Mon père aussi me battait"
L'autruche : "Ah, monsieur Poucet te battait, c'est inadmissible. Les enfants ne battent pas leurs parents, pourquoi les parents battraient-ils leurs enfants ? D'ailleurs monsieur Poucet n'est pas très malin non plus, la première fois qu'il a vu un oeuf d'autruche, sais-tu ce qu'il a dit ?"
Le fils Poucet : "Non"
L'autruche : "Eh bien, il a dit "Ca ferait une belle omelette !"
Le fils Poucet (rêveur) : "Je me souviens, la première fois qu'il a vu la mer, il a réfléchi quelques secondes et puis il a dit : "Quelle grande cuvette, dommage qu'il n'y ait pas de ponts." "Tout le monde a ri mais moi j'avais envie de pleurer, alors ma mère m'a tiré les oreilles et m'a dit : "Tu ne peux pas rire comme les autres quand ton père plaisante !" Ce n'est pas ma faute, mais je n'aime pas les plaisanteries des grandes personnes..."
L'autruche : "... Moi non plus, grimpe sur mon dos, tu ne verras plus tes parents, mais tu verras du pays."
"Ca va", dit le petit Poucet et il grimpe.
Au grand triple galop l'oiseau et l'enfant démarrent et c'est un très gros nuage de poussière.
Sur le pas de leur porte, les paysans hochent la tête et disent : "Encore une de ces sales automobiles !"
Mais les paysannes entendent l'autruche qui carillonne en galopant :
"Vous entendez les cloches, disent-elles en se signant, c'est une église qui se sauve, le diable sûrement court après."
Et tous de se barricader jusqu'au lendemain matin, mais le lendemain l'autruche et l'enfant sont loin.
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 07/09/2007 17:04:44
 
enora
Geisha d"ambre

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Inscrit le: 14 Jan 2007
Messages: 1 528
Localisation: bretagne
Jacques Prévert  Répondre en citant  

FAMILALE


La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est-ce qu'il fait le père ?
Il fait des affaires
Sa femme fait du tricot
Son fils la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils
Qu'est-ce qu'il trouve le fils ?
Il ne trouve rien absolument rien le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père fait des affaires lui la guerre
Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père
La guerre continue la mère continue elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça naturel le père et la mère
La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires
Les affaires la guerre le tricot la guerre
Les affaires les affaires et les affaires
La vie avec le cimetière.

Jacques Prévert, Paroles
_________________
Message 12/09/2007 06:56:09
 
marnie
Impératrice

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Messages: 5 717
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Jacques Prévert  Répondre en citant  

(mon poème préféré que je connais par coeur !)



DANS MA MAISON

Dans ma maison vous viendrez
D'ailleurs ce n'est pas ma maison
Je ne sais pas à qui elle est
Je suis entré comme ça un jour
Il n'y avait personne
Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc
Je suis resté longtemps dans cette maison
Personne n'est venu
Mais tous les jours et tous les jours
Je vous ai attendu

Je ne faisais rien
C'est-à-dire rien de sérieux
Quelque fois le matin
Je poussais des cris d'animaux
Je gueulais comme un âne
De toute mes forces
Et cela me faisait plaisir
Et puis je jouais avec mes pieds
C'est très intelligent les pieds
Ils vous emmènent très loin
Quand vous voulez aller très loin
Et puis quand vous ne voulez pas sortir
Ils restent là ils vous tiennent compagnie
Et quand il y a de la musique ils dansent
On ne peut pas danser sans eux
Il faut être bête comme l'homme l'est souvent
Pour dire des choses aussi bêtes
Que bête comme ses pied gai comme un pinson
Le pinson n'est pas gai
Il est seulement gai quand il est gai
Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste
Est-ce qu'on sait ce que c'est un pinson
D'ailleurs il ne s'appelle pas réellement comme ça
C'est l'homme qui a appelé cet oiseau comme ça
Pinson pinson pinson pinson

Comme c'est curieux les noms
Martin Hugo de son prénom
Bonaparte Napoléon de son prénom
Pourquoi comme ça et pas comme ça
Un troupeau de Bonapartes passe dans le désert
L'empereur s'appelle Dromadaire
Il a un cheval caisse et des tiroirs de course
Au loin galope un homme qui n'a que trois prénoms
Il s'appelle Tim-Tam-Tom et n'a pas de grand nom
Un peu plus loin encore il y a n'importe qui
Un peu plus loin encore il y a n'importe quoi
Et puis qu'est-ce que ça peut faire tout ça

Dans ma maison tu viendras
Je pense à autre chose mais je ne pense qu'à ça
Et quand tu seras entrée dans ma maison
Tu enlèveras tous tes vêtements
Et tu resteras immobile nue debout avec ta bouche rouge
Comme les piments rouges pendus sur le mur blanc
Et puis tu te coucheras et je me coucherais près de toi
Voilà
Dans ma maison qui n'est pas ma maison tu viendras.

Emu Emu Emu
_________________
www.onirik.net

Ne te venge pas ! Assieds-toi au bord de la rivière et tu verras passer le cadavre de ton ennemi. Lao Tseu
Message 12/09/2007 08:07:06
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Jacques Prévert    

Message 16/08/2017 20:35:58
 

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