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René BARJAVEL
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Tilly
Courtisane de Saphir

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René BARJAVEL  Répondre en citant  

René Barjavel est un écrivain et journaliste français (24 janvier 1911 à Nyons (Drôme) - 24 novembre 1985 à Paris).

René Barjavel est principalement connu pour ses romans d'anticipation. Certains thèmes y reviennent fréquemment: chute de la civilisation causée par les excès de la science et la folie de la guerre, caractère éternel et indestructible de l'amour (Ravage, Le Grand Secret, La Nuit des temps, Une rose au paradis). Son écriture se veut poétique, onirique et, parfois, philosophique. Il a aussi abordé dans de remarquables essais l'interrogation empirique et poétique sur l'existence de Dieu (notamment, La Faim du tigre), et le sens de l'action de l'homme sur la Nature. Cet auteur reste extrêmement populaire un quart de siècle après sa disparition.

« Je suis dévoré par une curiosité qui ne sera jamais satisfaite, je voudrais tout savoir et tout voir. Et par une anxiété perpétuelle concernant le sort de ceux et de ce que j'aime. Et j'aime tout »


À l'époque (1942) où il publie ses deux premiers romans fantastiques, Barjavel fait figure de précurseur dans le désert qu'est alors la science fiction française. La science-fiction américaine ne débarque en effet massivement que dans les années d'après-guerre avec les chewing gums et les cigarettes, et il faudra encore de longues années avant que des noms comme Isaac Asimov, Clifford Donald Simak ou même l'ancêtre Howard Phillips Lovecraft soient connus par plus que quelques mordus, amateurs d'une littérature considérée comme « de masse » par l'establishment littéraire.

La science-fiction, genre auquel appartiennent indiscutablement les premiers grands romans de Barjavel qui paraissent pendant l'occupation (Le Voyageur Imprudent et Ravage), n'existe alors quasiment pas en France, sinon sous une forme que l'on pourrait qualifier de « bas de gamme ». Tout comme l'on parlait de « roman scientifique » chez Jules Verne, l'on parle de « roman extraordinaire » chez Barjavel, mais de science-fiction, point. Le terme n'est pas encore utilisé. Néanmoins, dans ces deux romans écrits et publiés dans un hexagone alors coupé du monde anglo-saxon, il manque certains thèmes classiques, voire certains poncifs de la science-fiction américaine à venir (Barjavel ignore les extra-terrestres, les robots, les super-héros, les voyages spatiaux en fusée ou les « martiens » répugnants). Poutant il y développe déjà des idées typiques du déferlement des années 1950 : apocalypse, fin du monde, voyage dans le temps, retour à la barbarie et autres catastrophes imputables à la technologie envahissante.

Barjavel, bien que se démarquant de la littérature de l'époque par ses thèmes fantastiques, est aussi un écrivain de son temps. On a parfois voulu discerner dans Ravage (1943) un écho de l'idée pétainiste du retour à la terre et de la méfiance envers l'urbanisation d'une France encore majoritairement rurale. Barjavel se verra à cet égard repprocher sa signature dans différents journaux de la collaboration tels Je suis partout et Gringoire. Il abandonnera néanmoins rapidement cette veine collaborationniste suite au succès de Ravage). En effet, il y décrit, avec un sens aigu de la satire, une civilisation technologique du XXIe siècle (l'action se situe en 2052), assez évocatrice des dessins de Le Corbusier et des illustrations de Science et Vie (voire du concours Lépine...), ramenée au néolithique par la disparition soudaine de l'électricité, qui brutalement met fin au machinisme. Une effroyable décomposition sociale s'ensuit, où la brutalité et la loi du plus fort resurgissent dans les mégapoles en proies aux flammes et à la famine : on est en plein film catastrophe avant la lettre.

Si Barjavel semble nettement se méfier du progrès (notamment dans la scène finale, où le nouveau roi d'un monde revenu techniquement au moyen-âge agricole fulmine contre le ré-inventeur d'une machine à vapeur pourtant très primitive), ces inquiétudes étaient très présentes à l'époque (cf : La France Contre les Robots, de Bernanos, ou encore la catastrophe censée menacer le « monde moderne » selon Guénon). La suite de son œuvre a pourtant montré qu'il n'était pas opposé au progrès, bien au contraire, à tel point que cette scène apparaît plutôt comme une satire de l'obscurantisme.

On comprend les réticences d'un homme de la terre devant l'exode rural qui allait s'intensifier jusque dans les années 70 et transformer la société française de manière irréversible: Ravage n'est-il pas dédié par l'auteur « à mes grand-père paysans » ?

Le Voyageur Imprudent est bien moins « engagé », c'est un chef d'œuvre de fantaisie pure et de cruauté humoristique qui précède en outre les années 1950 dans l'exposition de ce que l'on appelle le « paradoxe temporel ». On oublie en outre souvent que les deux œuvres sont liées, le monde futur très lointain que visite le voyageur du temps étant la suite de la catastrophe de 2052. Barjavel y expose une vision « biologique » de l'avenir de l'humanité, amusante et délirante illustration des thèses évolutionnistes, son voyage en l'an 100 000 n'étant pas, à cet égard, sans rappeler l'an 802 701 du H. G. Wells de La Machine à explorer le temps.

Avec Le Diable l'emporte (1948), la science-fiction barjavelienne s'américanise un peu, puisque le thème de la 3e guerre mondiale, au sortir d'un conflit effroyable terminé dans les flammes atomiques porteuses de fin du monde, sera l'un des favoris de la SF américaine (Dr Bloodmoney, de Philip K. Dick, Le Lendemain de la Machine, de Rayer, Je suis une légende, de Richard Matheson, etc.) dans un monde vivant désormais sous la menace d'une apocalypse guerrière russo-américaine. Mais là encore l'humour noir le plus cruel seconde l'anticipation, et les moyens que l'humanité emploie pour s'autodétruire sont loin de se limiter aux armes nucléaires. Il ne peut non plus s'empêcher, là encore, à travers l'absurde robotisation du « civilisé inconnu » ou les dérapages de l'agriculture industrielle (la poule géante dévorant un stade de football), de se moquer avec cruauté des dérives, très actuelles, de la manipulation du vivant.

Barjavel ira jusqu'à envisager que l'humanité s'est dotée de la bombe atomique par instinct malthusien de limitation de l'explosion démographique, thèse exposée dans La Faim du tigre sur un ton philosophique voltairien au « second degré » dévastateur.

Les années 1960 verront Barjavel très en phase, plus ou moins consciemment, avec les idées de mai 1968, (Les Chemins de Katmandou) qu'il évoque même avant qu'elles ne s'expriment, dans la poignante "Nuit des temps" (ou le thème de la guerre totale est de nouveau exploité), ainsi que dans Le Grand Secret, ou l'on découvre un Barjavel nettement favorable à la libération sexuelle et plutôt libertaire. Il est aussi l'un des rares auteurs de SF (avec Arthur C. Clarke dans La Cité et les Astres) à avoir traité de manière approfondie et spéculative le thème de l'immortalité.

Dans Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester, Barjavel prend clairement position contre le nucléaire civil, ce qui est peu connu aujourd'hui.

Néanmoins, Barjavel ne peut être classé politiquement, l'on peut même dire (les rapports entre la russe Leonova et l'américain Hoover dans La Nuit des temps l'illustrent à merveille) qu'il est l'écrivain apolitique par excellence.

D'un point de vue stylistique, Barjavel surnage nettement au dessus de la production de SF, française ou non. C'est l'un des rares auteurs à n'avoir pas considéré la SF comme une littérature indigne de la qualité exigée de la littérature « standard », et à ce point de vue, le seul auteur de SF qui peut se comparer à lui est Ray Bradbury.

Oeuvres :

- Colette à la recherche de l'amour, 1934
- Roland, le chevalier plus fort que le lion, 1942
- Ravage, 1943
- Le Voyageur imprudent, 1943
- Cinéma total, 1944
- Tarendol, 1946
- Le diable l'emporte, 1948
- Journal d'un homme simple, 1951
- Colomb de la lune, 1962
- La Faim du tigre, 1966
- La Nuit des temps, 1968
- Les Chemins de Katmandou, 1969
- Les Années de la lune, 1972
- Le Grand Secret, 1973
- Les Dames à la licorne, 1974
- Le Prince blessé, 1974
- Brigitte Bardot amie des animaux, 1974
- Les Années de la liberté, 1975
- Les Années de l'homme, 1976
- Si j'étais Dieu ..., 1976
- Les Jours du monde, 1977
(suite des Dames à la Licorne)
- Les Fleurs, l'Amour, la Vie, 1978
- Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester, 1978
- Une rose au paradis, 1981
- La Charrette bleue, 1981
- La Tempête, 1982
- L'Enchanteur, 1984
- La Peau de César, 1985
- Demain le paradis, 1986
(inachevé, édité de façon posthume)
_________________
Tilly

Message 13/04/2007 20:48:59
 
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Message 13/04/2007 20:48:59
 
Tilly
Courtisane de Saphir

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Inscrit le: 01 Déc 2006
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Localisation: Val d'Oise
LA NUIT DES TEMPS  Répondre en citant  

Dans l'immense paysage gelé, les membres des Expéditions Polaires françaises font un relevé sous-glaciaire. Un incroyable phénomène se produit : les appareils sondeurs enregistrent un signal. Il y a un émetteur sous la glace...

Que vont découvrir les savants et les techniciens venus du monde entier qui creusent la glace à la rencontre du mystère ? "La nuit des temps", c'est à la fois un reportage, une épopée mêlant présent et futur, et un grand chant d'amour passionné.


Traversant le drame universel comme un trait de feu, le destin d'Elea et de Païkan les emmène vers le grand mythe des amants légendaires.


Une femme qui se réveille seule,
arrachée à celui qu'elle aime par 900 000 ans de sommeil,
au regard inexorablement figé sur le passé.

Un homme qui se réveille d'entre les siens d'une vie de solitude,
qui ne voit plus que la beauté et la souffrance
de celle qui l'attendait depuis la nuit des temps.



Constante de l'humanité à travers les âges au même titre que la curiosité scientifique et le fanatisme guerrier, l'amour accompagne toutes les civilisations. Peut-il les transcender?

Je suis entré, et je t'ai vue.
Et j'ai été saisi aussitôt par l'envie furieuse, mortelle, de chasser, de détruire tous ceux qui, là, derrière moi, derrière la porte, dans la sphère, sur la glace, devant leurs écrans du monde entier, attendaient de savoir et de voir. Et qui allaient TE voir, comme je te voyais.
Et pourtant, je voulais aussi qu'ils te voient. Je voulais que le monde entier sût combien tu étais merveilleusement, incroyablement, inimaginablement belle. Te montrer à l'univers, le temps d'un éclair, puis m'enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l'éternité.

_________________
Tilly

Message 13/04/2007 20:53:40
 
marnie
Impératrice

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Inscrit le: 21 Nov 2006
Messages: 5 717
Localisation: Chinatown - Paris 13
René BARJAVEL  Répondre en citant  

l'extrait que tu as posté est superbe ! il me donne vraiment envie de lire ce roman ! Clap
_________________
www.onirik.net

Ne te venge pas ! Assieds-toi au bord de la rivière et tu verras passer le cadavre de ton ennemi. Lao Tseu
Message 13/04/2007 22:52:06
  Visiter le site web du posteur
Guitou
Geisha d"ambre

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Inscrit le: 29 Nov 2006
Messages: 1 613
Localisation: Schpountzie
René BARJAVEL  Répondre en citant  

La nuit des temps est un roman sublime ! Un des meilleurs souvenirs de lecture de mon adolescence. L'histoire est passionnante et très émouvante. Elle secoue !
Et alors que j'ai pu, quelques années après les avoir lus, me débarrasser de tous mes Harlequin (ce qui fut, malgré tout, une énorme connerie), j'ai été incapable de revendre La nuit des temps. Un roman magique.
Message 14/04/2007 09:20:15
 
Peabody
Deesse

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Inscrit le: 21 Nov 2006
Messages: 6 790
Localisation: Nancy, ville de Stanislas et de l'Art Nouveau
René BARJAVEL  Répondre en citant  

La nuit des temps est un roman magnifique, une superbe histoire d'amour. Je l'ai lu aussi adolescente et je l'ai relu une fois adulte avec la même émotion, le même plaisir Very Happy
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 14/04/2007 09:47:28
 
Peabody
Deesse

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Inscrit le: 21 Nov 2006
Messages: 6 790
Localisation: Nancy, ville de Stanislas et de l'Art Nouveau
L'enchanteur  Répondre en citant  

Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu.


Avec toute la magie, toute la poésie de la Nuit des temps, Barjavel nous fait revivre l'épopée - sacrément embrouillée - des chevaliers de la Table Ronde, de la quête du Graal...

Chevalerie, violence, amours, sortilèges et autres aventures sont les ingrédients de cette légende revisitée par Barjavel (lequel propose même quelques clins d'oeils humoristiques à l'histoire).
_________________
Bisous

Peabody

Tel un roseau, plie mais ne rompt pas
Message 14/04/2007 10:13:09
 
Tilly
Courtisane de Saphir

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Inscrit le: 01 Déc 2006
Messages: 556
Localisation: Val d'Oise
René BARJAVEL  Répondre en citant  

Comme Guitou et Peabody, la nuit des temps a profondément marqué mon adolescence. L'histoire d'un amour plus fort que tout, plus fort que le temps et la destruction d'un monde... Mais également l'histoire de la bêtise humaine et de sa soif de pouvoir qui conduisit tout un monde à sa perte...

Allez, je ne résiste pas à vous remettre un petit extrait :

"Je le savais. Je regardais tes lèvres. Je les ai vues trembler d'amour au passage de son nom. Alors j'ai voulu te séparer de lui, tout de suite, brutalement, que tu saches que c'était fini, depuis le fond des temps, qu'il ne restait rien de lui, pas même un grain de poussière quelque part mille fois emporté par les marrées et les vents, plus rien de lui et plus rien du reste, plus rien de rien… Que tes souvenirs étaient tirés du vide. Du néant. Que derrière toi il n'y avait plus que le noir, et que la lumière, l'espoir, la vie étaient ici dans notre présent, avec nous. J'ai tranché derrière toi avec une hache. Je t'ai fait mal.

Mais toi, la première, en prononçant son nom, tu m'avais broyé le cœur."


A lire absolument Marnie !

Bon ben, de mon côté ça m'a donné trop envie ! Je vais vraiment aller fouiller chez ma Maman dès que j'aurai un moment ! Il faut que je remette la main sur ce bouquin !!


P.S. : Peabody, ma soeur a lu l'enchanteur et elle était...enchantée !!! superbement bien écrit d'après ce qu'elle m'a dit !
_________________
Tilly

Message 14/04/2007 11:06:11
 
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René BARJAVEL    

Message 16/08/2017 22:41:41
 

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